101 Groupe opérant sur un ensemble. Exemples et applications.
Groupe opérant sur un ensemble. Exemples et applications.
algebra
Soit un groupe.
Actions de groupe
Soit un ensemble.
Cas général
On appelle action (à gauche) de sur toute application satisfaisant les conditions suivantes :
, , .
, .
On peut de même définir une action à droite de sur .
Le groupe des bijections de dans opère naturellement sur par la relation pour tout et pour tout .
Pour un espace vectoriel , le groupe opère sur .
On supposera par la suite que agit sur à gauche via l’action .
On a une correspondance bijective entre les actions de sur et les morphismes de dans . En effet, si désigne une action de sur , on peut y faire correspondre le morphisme
On définit pour tout :
l’orbite de .
le stabilisateur de .
On dit que l’action de sur est :
Libre si pour tout .
Transitive si n’admet qu’une seule orbite.
L’action du groupe diédral sur les sommets d’un triangle équilatéral est transitive mais n’est pas libre.
La relation définie sur par est une relation d’équivalence dont les classes d’équivalence sont les orbites des éléments de sous l’action de .
Toute permutation s’écrit comme produit de cycles de longueur dont les supports sont deux-à-deux disjoints. Cette décomposition est unique à l’ordre près.
Une action une action de sur est dite fidèle si .
Soit une action de sur . Alors,
Une action libre est fidèle.
Soit . L’application est une bijection.
Attention cependant, n’est pas un groupe en général.
Cas fini
On suppose ici que et sont finis.
Soit . Alors :
.
.
Formule des classesSoit un système de représentants associé à la relation de la 7. Alors,
On définit :
l’ensemble des points de laissés fixes par tous les éléments de .
l’ensemble des points de laissés fixes par .
Formule de BurnsideLe nombre d’orbites de sous l’action de est donné par
Soit un nombre premier. Si est un -groupe (ie. l’ordre de est une puissance de ), alors,
Soit un nombre premier. Le centre d’un -groupe non trivial est non trivial.
Soit un nombre premier. Un groupe d’ordre est toujours abélien.
Théorème de CauchyOn suppose non trivial et fini. Soit un premier divisant l’ordre de . Alors il existe un élément d’ordre dans .
theoreme-de-sylow
Premier théorème de SylowOn suppose fini d’ordre avec et premier tel que . Alors, il existe un sous-groupe de d’ordre .
Action d’un groupe sur un groupe
Action par translation
agit sur lui-même par translation (à gauche) via l’action De plus, cette action est fidèle et transitive.
Théorème de CayleyTout groupe fini d’ordre est isomorphe à un sous-groupe de .
Soit . Alors agit sur via l’action De plus, cette action est transitive.
Soit . Soit le morphisme de l’action par translation de sur . Alors,
On suppose que est de cardinal infini et que possède un sous-groupe d’indice fini distinct de . Alors n’est pas simple.
Action par conjugaison
agit sur lui-même par conjugaison via l’action
L’orbite de sous l’action par conjugaison de sur lui-même s’appelle la classe de conjugaison de .
Le stabilisateur de sous l’action par conjugaison de sur lui-même s’appelle le centralisateur de .
Deux éléments de qui appartiennent à la même classe de conjugaison sont dits conjugués.
Si est un -cycle, et si , alors
Par conséquent, dans , les -cycles sont conjugués.
Pour , les -cycles sont conjugués dans .
Soit . Alors appartient au centre de (noté ) si et seulement si sa classe de conjugaison est réduite à un seul élément.
est l’union des classes de conjugaison de taille .
Soit un système de représentants associé à la relation de la 7 pour l’action par conjugaison. On note . Alors,
theoreme-de-wedderburn
Théorème de WedderburnTout corps fini est commutatif.
agit sur ses sous-groupes par conjugaison via l’action
Soit . Alors est distingué dans si et seulement si est un point fixe pour l’action de la 35.
Action d’un groupe sur un espace vectoriel
Action par conjugaison sur les espaces de matrices
Soit un espace vectoriel de dimension finie sur un corps .
L’application définit une action de sur .
Deux matrices qui sont dans la même orbite pour cette action sont dites semblables.
Deux matrices semblables représentes la même application linéaire dans deux bases de .
C’est cette remarque qui justifie que l’on va étudier l’action par conjugaison de sur .
Soient et deux matrices semblables. Alors :
.
.
.
.
.
Les matrices et ont la même trace, le même déterminant, le même polynôme caractéristique, mais ne sont pas semblables.
Soient une extension de et . On suppose infini et semblables sur . Alors et sont semblables sur .
Soient et . On note le polynôme unitaire engendrant l’idéal et .
Soit .
Si , alors est un sous-espace vectoriel de de dimension , dont une base est .
Soit . Si , alors est un sous-espace vectoriel de de dimension , dont une base est .
Soit . Il existe tel que .
Théorème de FrobeniusSoit . Il existe des sous-espaces vectoriels de tous stables par tels que :
.
, la restriction est un endomorphisme cyclique de .
Si est le polynôme minimal de , on a .
La suite ne dépend que de et non du choix de la décomposition (elle est donc unique). On l’appelle suite des invariants de .
Deux endomorphismes sont semblables si et seulement s’ils ont les mêmes invariants de similitude.
Représentations linéaires et caractères
Dans cette partie, on suppose que est d’ordre fini.
Une représentation linéaire est un morphisme de dans où désigne un espace vectoriel de dimension finie sur .
On dit que est le degré de .
On dit que est irréductible si et si aucun sous-espace vectoriel de n’est stable par pour tout , hormis et .
Soit le morphisme structurel d’une action de sur un ensemble de cardinal . On obtient une représentation de sur en posant c’est la représentation par permutations de associé à l’action. Elle est de degré .
La représentation par permutations de associée à l’action par translation à gauche de sur lui-même est la représentation régulière de , on la note .
On peut associer à toute représentation linéaire , son caractère . On dit que est irréductible si est irréductible.
Les caractères sont des fonctions constantes sur les classes de conjugaison.
Il y a autant de caractères irréductibles que de classes de conjugaisons.
Soit une représentation linéaire de . On suppose avec et stables par pour tout . On dit alors que est somme directe de et de .
Théorème de MaschkeToute représentation linéaire de est somme directe de représentations irréductibles.
Les sous-groupes distingués de sont exactement les
est simple si et seulement si , , .