103 Conjugaison dans un groupe. Exemples de sous-groupes distingués et de groupes quotients. Applications.
Conjugaison dans un groupe. Exemples de sous-groupes distingués et de groupes quotients. Applications.
algebra
Soit un groupe.
Conjugaison dans un groupe
Action de conjugaison
On a une action de sur lui-même :
L’action précédente est appelée action de conjugaison. Le morphisme structurel de dans est noté : L’image de par ce morphisme est le groupe des automorphismes intérieurs de .
Le groupe additif d’un espace vectoriel est un groupe abélien dont le seul automorphisme intérieur est l’identité.
Muni de la composition, l’ensemble des automorphismes intérieurs de est un groupe.
Orbites et stabilisateurs
On considère l’action de conjugaison de .
Ses orbites sont les classes de conjugaison de .
Le stabilisateur d’un élément est le centralisateur de celui-ci.
Deux éléments sont dits conjugués s’ils appartiennent à la même classe de conjugaison.
Les cycles de même ordre sont conjugués dans .
On définit le centre de noté par Autrement dit, est l’intersection des centralisateurs des éléments de .
Si est abélien, alors .
Soit . Alors, si et seulement si sa classe de conjugaison est réduite à un élément.
Ainsi, est l’union des classes de conjugaison de taille .
Sous-groupes distingués et groupes quotients
Classes à gauche et à droite
Soit . On définit la relation sur par . Alors :
est une relation d’équivalence.
La classe d’équivalence d’un élément pour est appelée classe à gauche de modulo .
On définit de la même manière la classe à droite d’un élément modulo que l’on note .
Soit . On considère le groupe diédral d’ordre . Alors,
Soit . Alors,
Sous-groupes distingués
Soit . On dit que est distingué dans si, On note cela .
.
L’intersection de deux sous-groupes distingués dans est distinguée dans .
Si est abélien, tout sous-groupe de est distingué dans .
Le symbole n’est pas transitif.
Soient et deux groupes, et soient et deux sous-groupes respectivement de et de . Soit un morphisme. Alors :
Si , alors .
Si , alors .
En particulier, .
Soient une suite de sous-groupes. Alors,
Soit . Si (voir sous-section suivante), alors .
Groupes quotients
Soit .
On appelle ensemble quotient de par la relation d’équivalence de la 10, et on note , l’ensemble des classes à gauche de modulo .
On appelle indice de dans , et on note , le cardinal de .
Soit . L’ensemble des classes à droite de modulo est aussi de cardinal égal à .
Un sous-groupe de est distingué si et seulement si définit une loi de groupe sur par : telle que la surjection canonique soit un morphisme de groupes. Dans ce cas, est un morphisme surjectif de noyau .
Soit . On appelle groupe quotient le groupe définit dans le théorème précédent.
Soit . est un sous-groupe du groupe abélien . On peut définir le groupe quotient : c’est un groupe cyclique d’ordre .
Théorèmes d’isomorphisme
Premier théorème d’isomorphisme. Soient et deux groupes et soit un morphisme. Alors induit un isomorphisme
Tout groupe cyclique d’ordre est isomorphe à .
.
Deuxième théorème d’isomorphisme. Soient et . On pose . Alors,
On note le sous-groupe de d’ordre isomorphe au groupe de Klein. Alors,
Troisième théorème d’isomorphisme. Soient tels que . Alors,
Applications
Application aux -groupes
Soit un groupe fini opérant sur un ensemble fini .
On dit que est un -groupe s’il est d’ordre une puissance d’un nombre premier .
Formule des classesSoit un système de représentants des orbites de l’action de sur . Alors,
Soit un nombre premier. Si est un -groupe opérant sur , alors, où désigne l’ensemble des points fixes de sous l’action de .
On note les classes de conjugaison de . Alors,
Soit un nombre premier. Le centre d’un -groupe non trivial est non trivial.
Soit un nombre premier. Un groupe d’ordre est toujours abélien.
Théorème de CauchyOn suppose non trivial et fini. Soit un premier divisant l’ordre de . Alors il existe un élément d’ordre dans .
theoreme-de-sylow
Premier théorème de SylowOn suppose fini d’ordre avec et premier tel que . Alors, il existe un sous-groupe de d’ordre .
Application au groupe symétrique
Les -cycles sont conjugués dans pour .
Le produit de deux transpositions est un produit de -cycles.
est engendré par les -cycles pour .
simplicite-du-groupe-alterne
est simple pour .
Pour , les sous-groupes distingués de sont , et .
est le seul groupe simple d’ordre à isomorphisme près.
Application au groupe linéaire d’un espace vectoriel
Dans cette partie, désignera un espace vectoriel sur un corps de dimension finie .
Centre
Soit un hyperplan de et soit . Posons . On dit que est une transvection d’hyperplan et de droite si (et dans ce cas, ).
est une transvection de droite si et seulement si , et le morphisme induit est l’identité.
Soit une transvection de droite et d’hyperplan et soit . Alors est une transvection de droite et d’hyperplan .
.
.
Conjugaison
Soit un hyperplan de et soit . Posons . On dit que est une dilatation de droite et d’hyperplan si .
Le rapport de cette dilatation est le scalaire .
Deux dilatations sont conjuguées dans si et seulement si elles ont le même rapport.
Deux transvections sont toujours conjuguées dans . Si , elles le sont aussi dans .
Groupe projectif
Le quotient de par son centre est appelé groupe projectif linéaire et est noté . De même, le quotient de par son centre est noté .
Soit , on a , de sorte qu’on a une suite exacte : où on a posé . En particulier, si est algébriquement clos, .
Le groupe est simple sauf si et ou .
Représentations linéaires de groupes finis
Dans cette partie, on suppose que est d’ordre fini.
Une représentation linéaire est un morphisme de dans où désigne un espace vectoriel de dimension finie sur .
On dit que est le degré de .
On dit que est irréductible si et si aucun sous-espace vectoriel de n’est stable par pour tout , hormis et .
Soit le morphisme structurel d’une action de sur un ensemble de cardinal . On obtient une représentation de sur en posant c’est la représentation par permutations de associé à l’action. Elle est de degré .
La représentation par permutations de associée à l’action par translation à gauche de sur lui-même est la représentation régulière de , on la note .
On peut associer à toute représentation linéaire , son caractère . On dit que est irréductible si est irréductible.
Les caractères sont des fonctions constantes sur les classes de conjugaison.
Il y a autant de caractères irréductibles que de classes de conjugaisons.
Soit une représentation linéaire de . On suppose avec et stables par pour tout . On dit alors que est somme directe de et de .
Théorème de MaschkeToute représentation linéaire de est somme directe de représentations irréductibles.
Les sous-groupes distingués de sont exactement les
est simple si et seulement si , , .