104 Groupes finis. Exemples et applications.

Groupes finis. Exemples et applications.

algebra

Outils d’étude de groupes finis

Soit un groupe.

Ordre d’un groupe, ordre d’un élément

Définition 1

L’ordre du groupe , noté est le cardinal de l’ensemble sous-jacent . Si est fini de cardinal , on dit que est d’ordre . Sinon, on dit que est d’ordre infini.

Exemple 2

Les multiplicatifs des corps , et sont d’ordre infini.

Définition 3

On appelle ordre d’un élément , l’ordre du sous-groupe qu’il engendre.

Exemple 4

L’élément est d’ordre dans .

Proposition 5

Soit d’ordre . Alors,

  1. est le plus petit entier strictement positif ayant la propriété .

  2. .

  3. Pour , si et seulement si .

Exemple 6

Pour , on a et on note ce groupe .

Théorème 7

Soit . Alors,

  1. est d’ordre infini si et seulement si est isomorphe à . Dans ce cas dès que et .

  2. est d’ordre fini si et seulement s’il existe tel que sont tous distincts et . Dans ce cas, est d’ordre .

Théorème 8

Théorème de LagrangeOn suppose fini. Soit . Alors, En particulier, l’ordre d’un élément de divise toujours l’ordre de .

Groupes cycliques

Définition 9

On dit que est cyclique s’il est engendré par un seul élément.

Proposition 10

Un groupe fini d’ordre premier est cyclique.

Théorème 11

On suppose fini d’ordre . Alors,

  1. Si est abélien et s’il existe au plus un sous-groupe d’ordre pour tout diviseur de , alors est cyclique.

  2. Si est cyclique, tous ses sous-groupes le sont aussi.

  3. est cyclique si et seulement si pour tout diviseur de , admet exactement un sous-groupe d’ordre .

Théorème 12

Tout sous-groupe fini du groupe multiplicatif d’un corps commutatif est cyclique.

Corollaire 13

L’ensemble des racines -ièmes de l’unité d’un corps est un sous-groupe cyclique de son groupe multiplicatif.

Actions de groupes

Soit un ensemble.

Définition 14

On appelle action (à gauche) de sur toute application satisfaisant les conditions suivantes :

  1. , , .

  2. , .

Remarque 15

On peut de même définir une action à droite de sur .

Définition 16

On définit pour tout :

  • l’orbite de .

  • le stabilisateur de .

On suppose ici que et sont finis.

Proposition 17

Soit . Alors :

  • .

  • .

Théorème 18

Formule des classesSoit un système de représentants des orbites de l’action de sur . Alors,

Définition 19

On définit :

  • l’ensemble des points de laissés fixes par tous les éléments de .

  • l’ensemble des points de laissés fixes par .

Corollaire 20

Formule de BurnsideLe nombre d’orbites de sous l’action de est donné par

Corollaire 21

Soit un nombre premier. Si est un -groupe (ie. l’ordre de est une puissance de ), alors, désigne l’ensemble des points fixes de sous l’action de .

Corollaire 22

Soit un nombre premier. Le centre d’un -groupe non trivial est non trivial.

Corollaire 23

Soit un nombre premier. Un groupe d’ordre est toujours abélien.

Application 24

Théorème de CauchyOn suppose non trivial et fini. Soit un premier divisant l’ordre de . Alors il existe un élément d’ordre dans .

Application 25

Premier théorème de SylowOn suppose fini d’ordre avec et premier tel que . Alors, il existe un sous-groupe de d’ordre .

Groupes abéliens finis

Un exemple fondamental :

Proposition 26

est un sous-groupe distingué de , si bien que l’on peut définir le quotient .

Proposition 27

est cyclique d’ordre .

Proposition 28

On peut définir une structure d’anneau sur . Le groupe multiplicatif de cet anneau est alors d’ordre .

Corollaire 29

est un corps si et seulement si est premier.

Proposition 30

Dans le cas du 7 Point 2, est alors isomorphe à .

Exemple 31

désigne le groupe cyclique des racines de l’unité de .

Décomposition cyclique

Théorème 32

Théorème chinoisSoient et deux entiers premiers entre eux. Alors,

Théorème 33

Théorème de KroneckerSoit un groupe abélien d’ordre . Il existe une suite d’entiers , multiple de , …, multiple de telle que est isomorphe au groupe produit

Exemple 34

Soit . Alors,

Groupes non abéliens finis

Les groupes qui suivent sont, sauf cas particuliers, des groupes non abéliens.

Groupes symétrique et alterné

Définition 35

L’ensemble des permutations de est un groupe pour la composition des applications : c’est le groupe symétrique, noté .

Remarque 36

est fini, d’ordre .

Théorème 37

Théorème de CayleyTout groupe fini d’ordre est isomorphe à un sous-groupe de .

Définition 38

Soient et des éléments distincts. La permutation définie par et notée est appelée cycle de longueur et de support . Un cycle de longueur est une transposition.

Exemple 39

est un cycle de de longueur .

Théorème 40

Toute permutation de s’écrit de manière unique (à l’ordre près) comme produit de cycles dont les supports sont deux à deux disjoints.

Exemple 41

Définition 42

On appelle type d’une permutation et on note la liste des cardinaux des orbites dans de l’action du groupe sur , rangée dans l’ordre croissant.

Proposition 43

Une permutation de type a pour ordre .

Exemple 44

La permutation de l’41 est d’ordre .

Définition 45
  • Soit . On appelle signature de , notée l’entier .

  • est un morphisme de dans , on note son noyau.

Lemme 46

Les -cycles sont conjugués dans pour .

Lemme 47

Le produit de deux transpositions est un produit de -cycles.

Proposition 48

est engendré par les -cycles pour .

Théorème 49

est simple pour .

Groupe linéaire sur un corps fini

Soit un espace vectoriel de dimension finie sur un corps .

Définition 50
  • Le groupe linéaire de , est le groupe des applications linéaires de dans lui-même qui sont inversibles.

  • Le groupe spécial linéaire de , est le sous-groupe de constitué des applications de déterminant .

  • Les quotients de ces groupes par leur centre sont respectivement notés et .

Proposition 51

On se place dans le cas où . Alors, les groupes précédents sont finis, et :

  1. .

  2. .

  3. .

Groupe diédral

Définition 52

Pour un entier , le groupe diédral est le sous-groupe, de engendré par la symétrie axiale et la rotation d’angle définies respectivement par les matrices

Exemple 53

.

Proposition 54
  1. est un groupe d’ordre .

  2. et .

Proposition 55

Un groupe non cyclique d’ordre est isomorphe à .

Exemple 56

est isomorphe à .

Proposition 57

Un groupe fini d’ordre avec premier est soit cyclique, soit isomorphe à .

Exemple 58

est isomorphe à .

Proposition 59

Les sous-groupes de sont soit cyclique, soit isomorphes à un .

Représentations linéaires de groupes finis

Dans cette partie, désigne un groupe d’ordre fini.

Définition 60
  • Une représentation linéaire est un morphisme de dans désigne un espace vectoriel de dimension finie sur .

  • On dit que est le degré de .

  • On dit que est irréductible si et si aucun sous-espace vectoriel de n’est stable par pour tout , hormis et .

Exemple 61

Soit le morphisme structurel d’une action de sur un ensemble de cardinal . On obtient une représentation de sur en posant c’est la représentation par permutations de associé à l’action. Elle est de degré .

Définition 62

La représentation par permutations de associée à l’action par translation à gauche de sur lui-même est la représentation régulière de , on la note .

Définition 63

On peut associer à toute représentation linéaire , son caractère . On dit que est irréductible si est irréductible.

Proposition 64
  1. Les caractères sont des fonctions constantes sur les classes de conjugaison.

  2. Il y a autant de caractères irréductibles que de classes de conjugaisons.

Définition 65

Soit une représentation linéaire de . On suppose avec et stables par pour tout . On dit alors que est somme directe de et de .

Théorème 66

Théorème de MaschkeToute représentation linéaire de est somme directe de représentations irréductibles.

Théorème 67

Les sous-groupes distingués de sont exactement les

Corollaire 68

est simple si et seulement si , , .