106 Groupe linéaire d’un espace vectoriel de dimension finie , sous-groupes de . Applications.
Groupe linéaire d’un espace vectoriel de dimension finie , sous-groupes de . Applications.
algebra
Soit un espace vectoriel de dimension finie sur un corps .
Étude du groupe linéaire
et son lien avec l’algèbre des matrices
Le groupe linéaire de est le groupe des applications -linéaires bijectives de dans .
Le choix d’une base de permet de réaliser un isomorphisme d’algèbre de sur et cet isomorphisme induit un isomorphisme de sur . Cet isomorphisme se définit à l’aide du choix d’une base, il n’est donc pas canonique.
Pour cette raison, on pourra par la suite confondre et .
est un morphisme surjectif.
Soit . Les assertions suivantes sont équivalentes :
.
.
.
.
.
transforme toute base de en une base de .
Il existe tel que .
Il existe tel que .
Centre
Soit un endomorphisme laissant invariantes toutes les droites vectorielles de . Alors est une homothétie.
Sous-groupes notables
Groupe orthogonal
Un endomorphisme est dit orthogonal (ou est une isométrie) s’il est tel que pour tout . On note l’ensemble des endomorphismes orthogonaux de .
Les seules homothéties qui sont des isométries sont et .
Si , on a .
Soit .
Les isométries sont des automorphismes. Il en résulte que est un sous-groupe de .
Ce n’est pas vrai en dimension infinie.
Un endomorphisme de est une isométrie si et seulement s’il transforme toute base orthonormée de en une base orthonormée.
Un endomorphisme de est une isométrie si et seulement si sa matrice dans une base orthonormée est inversible, d’inverse .
On dit alors que est orthogonale.
On note le groupe des matrices orthogonales.
On a des résultats équivalents pour les matrices.
Réduction des endomorphismes orthogonauxSoit . Alors, il existe une base orthonormée de telle que la matrice de dans est où avec .
Groupe spécial linéaire
On définit le groupe spécial linéaire de .
On peut définir de manière analogue , et on a encore un isomorphisme entre ces deux groupes.
est un sous-groupe distingué de . Le groupe quotient est isomorphe à et on a la suite exacte :
où désigne le groupe des racines de l’unité de .
Soit . Soit un hyperplan de tel que . Les assertions suivantes sont équivalentes :
.
n’est pas diagonalisable.
.
Le morphisme induit est l’identité de .
En notant (où désigne une forme linéaire sur ), il existe tel que
Dans une base adaptée, la matrice de s’écrit
En reprenant les notations précédentes, on dit que est une transvection d’hyperplan et de droite .
Soient et une transvection d’hyperplan et de droite . Alors, est une transvection d’hyperplan et de droite .
Si , les transvections engendrent .
Générateurs
Soit . Soit un hyperplan de tel que . Les assertions suivantes sont équivalentes :
.
admet une valeur propre .
.
Dans une base adaptée, la matrice de s’écrit avec .
En reprenant les notations précédentes, on dit que est une dilatation de rapport .
Si , les transvections et les dilatations engendrent .
Soit . On note le symbole de Legendre de modulo .
Soient un nombre premier et un espace vectoriel sur de dimension finie. Les dilatations engendrent .
theoreme-de-frobenius-zolotarev
Théorème de Frobenius-Zolotarev. Soient un nombre premier et un espace vectoriel sur de dimension finie. où est vu comme une permutation des éléments de .
Groupes projectifs
On définit (resp. ) le quotient de (resp. ) par son centre.
On se place pour la suite de cette sous-section dans le cas où .
Les groupes précédents sont finis, et :
.
.
.
Pour tout entier , il y a sous-espaces vectoriels de dimension dans .
Actions sur l’algèbre des matrices
Action par translation
Les applications et définissent une action de sur .
Pour la première action, deux matrices sont dans la même orbite si et seulement si elles ont même noyau. Pour la seconde, deux matrices sont dans la même orbite si et seulement si elles ont même image.
decomposition-polaire
Décomposition polaireL’application est un homéomorphisme.
Ainsi, pour toute matrice , il existe un représentant de pour l’action par translation à gauche.
Action par conjugaison
L’application définit une action de sur .
Deux matrices qui sont dans la même orbite pour cette action sont dites semblables.
Deux matrices semblables représentes la même application linéaire dans deux bases de .
Soient et deux matrices semblables. Alors :
.
.
.
.
.
Les matrices et ont la même trace, le même déterminant, le même polynôme caractéristique, mais ne sont pas semblables.
Soient une extension de et . On suppose infini et semblables sur . Alors et sont semblables sur .
Action par congruence
On suppose de caractéristique différente de .
L’application définit une action de sur .
Deux matrices qui sont dans la même orbite pour cette action sont dites congruentes.
Deux matrices congruentes représentent la même forme quadratique dans deux bases de .
Théorème spectralToute matrice symétrique est congruente à une matrice diagonale.
Si : deux matrices symétriques et sont congruentes si et seulement si elles ont même rang. Les orbites pour cette action sont les ensembles pour .
Si : deux matrices symétriques et sont congruentes si et seulement si elles ont même signature. Les orbites pour cette action sont les ensembles où désigne la forme quadratique associée à une matrice .
Si avec impair : deux matrices symétriques et sont congruentes si et seulement si elles ont même rang et si leurs restrictions à des supplémentaires de leurs noyaux ont même discriminant modulo les carrés de .
Topologie
On se place pour la suite de cette sous-section dans le cas où ou . On munit d’une norme et on note la norme subordonnée associée.
L’espace des applications continues de dans est une algèbre de Banach.
est un ouvert dense de et l’application est continue sur .
est compact (et connexe).
est compact (non-connexe).
Tout sous-groupe compact de qui contient est .
est connexe.