142 PGCD et PPCM, algorithmes de calcul. Applications.
PGCD et PPCM, algorithmes de calcul. Applications.
algebra
Notion de PGCM/PPCM dans un anneau
Soit un anneau commutatif unitaire.
Soient .
On dit que divise (ou que est un multiple de ), noté s’il existe tel que .
On dit que et sont associés, noté si et si .
Soient .
.
. Ainsi, est une relation d’équivalence sur .
Soient . Alors,
Soient .
est un plus grand commun diviseur
PGCD
de si satisfait les deux propriétés suivantes :.
Si tel que , alors .
est un plus petit commun multiple
PPCM
de si satisfait les deux propriétés suivantes :.
Si tel que , alors .
Un PGCD (resp. un PPCM), lorsqu’il existe, n’est pas toujours unique. Dans un anneau intègre, deux PGCD (resp. PPCM) sont toujours associés puisqu’ils se divisent l’un l’autre. Dans un anneau intègre, on peut donc noter (resp. ) lorsque est un pgcd (resp. est un ppcm) de et de .
Soient un corps commutatif. On pose pour . Alors, pour , le PGCD unitaire de et est égal à .
Soient . Un élément est un PPCM de et si et seulement si . En particulier, et admettent un PPCM si et seulement si est un idéal principal.
Soient . Soit . Les assertions suivantes sont équivalentes.
, et il existe tels que .
et il existe tels que .
.
Deux éléments et de sont dits premiers entre eux s’ils admettent un PGCD et .
et sont premiers entre eux dans .
Dans un anneau principal
Dans cette section, désigne toujours un anneau commutatif unitaire. On le suppose de plus principal.
Existence
Décomposition de BézoutSoient . Alors :
Il existe un de . est tel que . En particulier, est de la forme avec .
Il existe un de . est tel que .
Dans :
est inversible dans d’inverse .
Lemme de GaussSoient avec et premiers entre eux. Alors, et
Dans les anneaux euclidiens
Principalité des anneaux euclidiens
Un anneau euclidien est principal.
On a donc existence de PGCD et de PPCM dans un tel anneau, mais la structure euclidienne permet de plus de fournir des algorithmes de calculs.
Si est un corps commutatif, alors est un anneau euclidien de stathme le degré. De plus, le quotient et le reste sont uniques.
Les assertions suivantes sont équivalentes :
est un corps commutatif.
est un anneau euclidien.
est un anneau principal.
Algorithmes de calcul
On suppose euclidien de stathme . Soient et un reste dans la division euclidienne de par . À inversible près, on a alors :
Si : .
Sinon : .
Algorithme d’EuclideOn suppose euclidien de stathme . Soient tels que . On définit une suite décroissante (au sens du stathme) par :
;
est un reste dans la division euclidienne de par , on a donc ou ;
pour , si , alors , sinon est un reste dans la division euclidienne de par et on a ou .
est alors le dernier reste non nul dans cette suite de divisions euclidiennes, que l’on note .
On peut remonter
l’algorithme
d’Euclide pour obtenir les coefficients de Bézout. On parle alors
d’algorithme d’Euclide étendu
.
Au lieu de faire les calculs en deux temps (descente, puis remontée), on peut tout faire en même temps via l’algorithme suivant.
Algorithme d’Euclide généraliséEn reprenant les notations du 19 :
Étape 0 : On écrit avec .
Étape 1 : On écrit avec .
Étape 2 : On écrit avec .
…
Étape : On écrit .
…
Étape : On écrit .
Étape : On écrit .
À la fin, on obtient .
Calculons le PGCD et les coefficients de Bézout de et dans .
| = | + | |||||||||||
| = | + | |||||||||||
| Il y va | fois | reste | = | + | ||||||||
| fois | reste | = | + | |||||||||
| fois | reste | = | + | |||||||||
| fois | reste | = | + |
On a .
En reprenant les notations précédentes, on a
En reprenant les notations précédentes, cet algorithme a une complexité en .
Dans un anneau factoriel
Si vérifie la relation de la 26, alors les assertions suivantes sont équivalentes :
vérifie le lemme d’Euclide : si est irréductible, alors .
Pour tout non nul et non inversible, est irréductible si et seulement si est premier.
vérifie le lemme de Gauss : pour tout tels que et sont premiers entre eux, .
On suppose factoriel. Tout élément peut s’écrire de manière unique où est un système de représentants d’éléments premiers de (pour le relation ), est inversible et tous nuls sauf un nombre fini.
Dans l’anneau principal (donc factoriel, voir 29) , un choix standard pour est l’ensemble des nombres premiers positifs.
On suppose factoriel. Soient . Alors, en reprenant les notations précédentes :
pour tout .
est un PGCD de et de .
est un PPCM de et de .
Tout anneau principal est factoriel.
est principal mais n’est pas factoriel.
Lemme de GaussOn suppose factoriel. Alors :
Le produit de deux polynômes primitifs est primitif (ie. dont le PGCD des coefficients est associé à ).
, (où est le contenu du polynôme ).
critere-d-eisenstein
Critère d’EisensteinSoient le corps des fractions de et de degré . On suppose que est factoriel et qu’il existe irréductible tel que :
, .
.
.
Alors est irréductible dans .
Soit . Il existe des polynômes irréductibles de degré sur .
Applications
En algèbre linéaire
Soit un espace vectoriel de dimension finie sur un corps . Soit un endomorphisme de .
Il existe un unique polynôme de unitaire qui engendre l’idéal : c’est le polynôme minimal de , noté . Il s’agit du polynôme unitaire de plus bas degré annulant . Il divise tous les autres polynômes annulateurs de .
Lemme des noyauxSoit où les polynômes sont premiers entre eux deux à deux. Alors,
est diagonalisable si et seulement si est scindé à racines simples.
Systèmes de congruences
Soit un entier non nul. L’équation admet des solutions si et seulement si .
Soient un entier non nul et un entier relatif. L’équation a des solutions si et seulement si . Dans ce cas, l’ensemble des solutions est où est une solution de l’équation .
theoreme-chinois
Théorème chinoisSoient des entiers. On note et la surjection canonique de sur pour tout .
Les entiers sont premiers entre eux deux à deux si et seulement si les anneaux et sont isomorphes. Dans ce cas, l’isomorphisme est explicité par l’application
admet pour ensemble de solutions .