144 Racines d’un polynôme. Fonctions symétriques élémentaires. Exemples et applications.
Racines d’un polynôme. Fonctions symétriques élémentaires. Exemples et applications.
algebra
Soient un corps commutatif et une algèbre sur . À tout polynôme de , on associe l’application
L’application est un morphisme d’algèbres. On notera abusivement par la suite s’il n’y a pas d’ambiguïté.
Polynômes
Racines
Soit .
Soit une extension de (cf. Section Adjonction de racines). On dit que est une racine de si .
est racine de si et seulement si .
Polynômes d’interpolation de LagrangeSoient deux à deux distincts et . Alors
Soient et . On dit que est racine de d’ordre si mais .
Soient des racines de distinctes deux à deux et d’ordre . Alors, tel que
Si est de degré , alors a au plus racines (comptées avec leur ordre de multiplicité).
C’est faux en général dans un anneau. Par exemple, si , alors a trois racines : , et , mais .
Si est infini et pour tout , alors .
Si , le polynôme est non nul, mais son évaluation en tout élément de vaut .
est dit scindé sur si on peut écrire avec et pour tout , et .
On appelle polynôme dérivé de le polynôme
L’application est linéaire, et les règles de dérivation coïncident avec les règles usuelles.
Formule de TaylorOn suppose de caractéristique nulle. Alors tout polynôme de degré inférieur ou égal à vérifie
On suppose de caractéristique nulle et . Alors est racine d’ordre de si et seulement si
Le polynôme n’a que des racines simples dans .
C’est encore vrai en caractéristique non nulle pour .
Polynômes symétriques
Soit un anneau commutatif unitaire.
Soit . On dit que est symétrique si
Dans , le polynôme est symétrique.
On appelle polynômes symétriques élémentaires de les polynômes noté où définis par
.
.
.
Si , alors est symétrique. Et la réciproque est vraie.
Théorème fondamental des polynômes symétriquesSoit un polynôme symétrique. Alors,
s’écrit .
Relations coefficients - racines. Soit avec scindé sur , dont les racines (comptées avec leur ordre de multiplicité) sont . Alors En particulier,
.
.
theoreme-de-kronecker
Théorème de KroneckerSoit unitaire tel que toutes ses racines complexes appartiennent au disque unité épointé en l’origine (que l’on note ). Alors toutes ses racines sont des racines de l’unité.
Soit unitaire et irréductible sur tel que toutes ses racines complexes soient de module inférieur ou égal à . Alors ou est un polynôme cyclotomique.
On appelle identités de Newton les polynômes
.
.
formes-de-hankel
Formes de HankelOn suppose et on note les racines complexes de de multiplicités respectives . On pose Alors :
définit une forme quadratique sur ainsi qu’une forme quadratique sur .
Si on note la signature de , on a :
.
Le nombre de racines réelles distinctes de est .
Adjonction de racines
On appelle extension de tout corps tel qu’il existe un morphisme de corps de dans . On notera pour signifier que est une extension de par la suite.
Si est un sous-corps de , alors est une extension de .
Un morphisme de corps est forcément injectif, donc on peut identifier à son image et dire que de manière abusive.
est une extension de .
L’idée dans la suite va être de chercher comment rajouter
des
racines à des polynômes pourtant irréductibles sur un corps.
Corps de rupture
Soient une extension de et irréductible. On dit que est un corps de rupture de si où est une racine de .
Avec les notations précédentes, si , est un corps de rupture de .
est un corps de rupture de sur .
est un corps de rupture de sur .
Soit un polynôme irréductible sur .
Il existe un corps de rupture de .
Si et sont deux corps de rupture de , alors il existe un unique -isomorphisme tel que .
Corps de décomposition
Soit de degré . On dit que est un corps de décomposition de si :
Il existe et tels que .
.
est un corps de décomposition de tout polynôme de degré sur .
est un corps de décomposition de sur .
Soit , alors est un corps de décomposition de (le -ième polynôme cyclotomique) sur .
Soit un polynôme de degré supérieur ou égal à .
Il existe un corps de décomposition de .
Deux corps de décomposition de sont -isomorphes.
Clôture algébrique
est algébriquement clos si tout polynôme de de degré supérieur ou égal à admet au moins une racine dans .
n’est pas algébriquement clos.
non plus.
Tout corps algébriquement clos est infini.
Théorème de d’Alembert-Gauss est algébriquement clos.
On dit que est une clôture algébrique de si est une extension de algébriquement close et si
est une clôture algébrique de .
est une clôture algébrique de .
Théorème de Steinitz
Il existe une clôture algébrique de .
Deux clôtures algébriques de sont -isomorphes.
Application en algèbre linéaire
Soit . On appelle :
Polynôme caractéristique de le polynôme .
Polynôme minimal de l’unique polynôme unitaire qui engendre l’idéal .
est trigonalisable si et seulement si est scindé sur .
est diagonalisable si et seulement si est scindé à racines simples sur .
Si , est diagonalisable si et seulement si .