148 Dimension d’un espace vectoriel (on se limitera au cas de la dimension finie). Rang. Exemples et applications.
Dimension d’un espace vectoriel (on se limitera au cas de la dimension finie). Rang. Exemples et applications.
algebra
Soit un espace vectoriel sur un corps commutatif .
Espaces vectoriels de dimension finie
Familles génératrices, familles libres
Soit .
On dit que est une partie génératrice de si .
On dit que est une partie libre de si (ou de manière équivalente, si aucun vecteur de n’est combinaison linéaire des autres).
On dit que est une partie liée de si n’est pas libre.
Dans le -espace vectoriel des fonctions réelles continues, les familles suivantes sont libres :
où .
où .
où .
Polynômes à degrés échelonnésUne famille de polynômes non nuls de échelonnée en degré est libre dans .
Théorème des extrema liésSoit un ouvert de et soient des fonctions de classe . On note . Si admet un extremum relatif en et si les formes linéaires sont linéairement indépendantes, alors il existe un unique -uplet , dont les composantes sont appelées multiplicateurs de Lagrange, tel que
On dit que est de dimension finie s’il existe une partie génératrice finie de . Dans le cas contraire, est dit de dimension infinie.
Bases
Une partie libre et génératrice de est une base de .
La famille (où , le se trouvant à la -ième position) est une base de appelée base canonique de .
La famille est une base de appelée base canonique de .
Plus généralement, toute famille de polynômes non nuls de échelonnée en degré est une base de .
Soit une base de . Alors, tout vecteur de s’écrit de manière unique avec . Les sont les coordonnées de dans la base .
On suppose de dimension finie. Alors pour toute partie génératrice et toute famille libre , il existe une base de telle que .
On suppose de dimension finie.
Il existe une base de .
(Théorème de la base extraite) De toute partie génératrice de , on peut extraire une base de .
(Théorème de la base incomplète) Toute partie libre de peut-être complétée en une base de .
Théorie de la dimension
On suppose de dimension finie. Toutes les bases de ont le même cardinal . L’entier s’appelle dimension de , noté (ou simplement en l’absence d’ambiguïté sur le corps de base).
Dans toute la suite, on se limitera au cas où est de dimension finie, et on notera .
Tout système libre de vecteurs de est une base de .
Tout système générateur de vecteurs de est une base de .
Soient des sous-espaces vectoriels de . Alors,
Formule de GrassmannSoient et deux sous-espaces vectoriels de . Alors,
Soient et deux sous-espaces vectoriels de . Les assertions suivantes sont équivalentes :
.
et .
et .
Rang
Rang d’une application linéaire
Soient et deux espaces vectoriels sur . Soit . Si est de dimension finie, on appelle rang de l’entier , noté .
Théorème du rangSoient et deux espaces vectoriels sur avec de dimension finie. Alors,
Soit où et sont de même dimension finie. Alors :
L’application est linéaire surjective, mais pas injective.
L’application est un isomorphisme.
Rang d’une matrice
Soit . On appelle rang de la dimension du sous-espace vectoriel de engendré par les colonnes de . Si est la matrice d’une application linéaire , on a .
Soit .
.
Si , est inversible si et seulement si .
Soit . Si est de rang , alors est équivalente à
Deux matrices et sont équivalentes si et seulement si elles ont le même rang.
Le rang d’une matrice est le plus grand des ordres des matrices carrées inversibles extraites de cette matrice.
Le rang de toute matrice est égal au rang de sa transposée.
Autrement dit, la dimension du sous-espace engendré par les vecteurs colonnes d’une matrice est égal à la dimension du sous-espace engendré par ses vecteurs lignes.
On ne change pas le rang d’une matrice par opérations élémentaires.
On peut utiliser l’algorithme du pivot de Gauss pour trouver le rang d’une matrice. Ainsi,
Applications
Dualité
Soit un espace vectoriel sur de dimension finie .
L’ensemble est appelé dual de . Ses éléments sont les formes linéaires sur .
Soit une base de . Pour tout , on définit la forme linéaire coordonnée d’indice .
est une base de appelée base duale de . est alors la base antéduale de .
est de dimension finie et .
.
Formule de TaylorOn suppose de caractéristique nulle. Pour tout , on définit : Alors, est une base de , dont la base antéduale est .
Classification des formes quadratiques
On se place sur le corps .
Soit une application.
est une forme bilinéaire sur si est linéaire et de même pour . Si est une base de , on définit la matrice de dans par .
Si de plus , on dit que est symétrique.
On appelle forme quadratique sur toute application de la forme où est une forme bilinéaire symétrique sur .
Soit une forme quadratique sur . Il existe une unique forme bilinéaire symétrique telle que pour tout , .
est alors la forme polaire de , et on a
Soit une forme quadratique sur . On appelle rang de (noté ) le rang de la matrice de sa forme polaire.
Soit une forme quadratique sur . Il existe une base -orthogonale (ie. si est la forme polaire de , une base où si ).
loi-d-inertie-de-sylvester
Loi d’inertie de SylvesterSoit une forme quadratique sur . où les formes linéaires sont linéairement indépendantes et où . De plus, ces entiers ne dépendent que de et pas de la décomposition choisie.
Le couple est la signature de et le rang est égal à .
La signature de la forme quadratique est , donc son rang est .
Extensions de corps
On appelle extension de tout corps tel qu’il existe un morphisme de corps de dans . On notera pour signifier que est une extension de par la suite.
Soit une extension de . On appelle degré de et on note , la dimension de comme -espace vectoriel.
Base télescopiqueSoient une extension de et un espace vectoriel sur . Soient une base de en tant que -espace vectoriel et une base de en tant que -espace vectoriel.
Alors est une base de en tant que -espace vectoriel.
Multiplicativité des degrésSoient une extension de et une extension de . Alors, sont équivalentes :
est un -espace vectoriel de dimension finie.
est un -espace vectoriel de dimension finie et est un -espace vectoriel de dimension finie.
On a alors :
Commutant
Soit .
Si , alors est cyclique :
On note l’ensemble des matrices carrées triangulaires supérieures d’ordre à coefficients dans le corps .
On note le commutant de .
Le rang de est invariant par extension de corps.
dimension-du-commutant