155 Exponentielle de matrices. Applications.

Exponentielle de matrices. Applications.

algebra

Construction

Soit ou . Soit un entier.

Algèbres de Banach

Lemme 1

Pour tout réel positif , la série est convergente.

Définition 2

Soit une algèbre.

  • On dit que est une norme d’algèbre sur si :

    1. est un espace vectoriel normé.

    2. .

  • Soit une norme d’algèbre sur . Si est un espace vectoriel complet, on dit que est une algèbre de Banach.

Proposition 3

Soit une norme sur . Muni de la norme l’algèbre est une algèbre de Banach.

Contre-exemple 4

Ce n’est pas vrai pour n’importe quelle norme : la norme infinie sur n’est pas une norme d’algèbre.

Proposition 5

Soit une algèbre de Banach unitaire. Pour tout élément , la série est convergente.

Exponentielle de matrices

Définition 6

Soit . On appelle exponentielle de , et on note ou l’élément de suivant :

Exemple 7

Soient et . Alors,

Remarque 8

En particulier, .

Propriétés

Proposition 9

Soient qui commutent. Alors,

Corollaire 10

Soit . Alors, et,

Proposition 11

Soient telles que pour . Alors,

Lemme 12

Soit une matrice triangulaire supérieure, de la forme . Alors,

Proposition 13

Soit . Alors,

Proposition 14

est continue. De plus, pour tout , est un polynôme en .

Calcul pratique

Proposition 15

Soit nilpotente d’indice . Alors,

Théorème 16

Décomposition de DunfordSoit . On suppose que est scindé sur . Alors il existe un unique couple de matrices tels que :

  • est diagonalisable et est nilpotente.

  • .

  • .

Corollaire 17

Si vérifie les hypothèse précédentes, pour tout , , avec désigne l’indice de nilpotence de .

Exemple 18

Soit qui admet une décomposition de Dunford est diagonalisable et est nilpotente d’indice . Alors,

  • .

  • La décomposition de Dunford de est avec diagonalisable et nilpotente.

Application 19

Soit dont le polynôme caractéristique est scindé sur . Alors est diagonalisable si et seulement si l’est.

Exemple 20

On a

Étude de l’exponentielle de matrices

Dérivabilité, différentiabilité

Proposition 21

Soit . L’application est dérivable, de dérivée .

Proposition 22

Logarithme matriciel est différentiable en et sa différentielle est ; c’est un difféomorphisme local sur un voisinage de . Plus précisément, si telle que , alors On note alors .

Théorème 23

est de classe sur avec, pour toutes matrices :

Image directe

Image de

Exemple 24

En particulier, n’est pas injective pour .

Lemme 25

Soit . Alors .

Théorème 26

est surjective.

Application 27

, où désigne les carrés de .

Application 28

est connexe par arcs.

Image de

Exemple 29

En particulier, n’est pas injective pour .

Proposition 30

En fait,

Exemple 31

La matrice n’est pas dans l’image de l’exponentielle réelle.

Images de et

Lemme 32

Soit . Alors, est l’application qui a une matrice y associe son rayon spectral.

Théorème 33

L’application est un homéomorphisme.

Remarque 34

On a le même résultat pour .

Application 35

On a des homéomorphismes :

Image du cône nilpotent

Notation 36

On note le sous-ensemble de formé des matrices nilpotentes et le sous-ensemble de formé des matrices unipotentes.

Proposition 37

Soit . Alors et pour tout .

Théorème 38

L’exponentielle matricielle réalise une bijection de sur d’inverse le logarithme matriciel défini à la 22.

Applications

Équations différentielles

Théorème 39

Cauchy-Lipschitz linéaireSoient et deux fonctions continues. Alors, pour tout et , le problème de Cauchy admet une unique solution définie sur tout entier.

Proposition 40

Une équation différentielle linéaire homogène (où est constante en ) a ses solutions maximales définies sur et le problème de Cauchy a pour (unique) solution .

Exemple 41

Les solutions de sont les .

Équations matricielles

Lemme 42

Soit une norme d’algèbre sur , et soit une matrice dont les valeurs propres sont de partie réelle strictement négative. Alors il existe une fonction polynomiale et tels que .

Application 43

Équation de SylvesterSoient et deux matrices dont les valeurs propres sont de partie réelle strictement négative. Alors pour tout , l’équation admet une unique solution dans .