191 Exemples d’utilisation de techniques d’algèbre en géométrie.
Exemples d’utilisation de techniques d’algèbre en géométrie.
algebra
Utilisation des nombres complexes
On se place dans un plan affine euclidien muni d’un repère orthonormé .
Module, argument
L’application est une bijection.
En utilisant cette identification entre et , on peut identifier tout point du plan à un nombre complexe.
Soient et deux points dont on note et les complexes associés.
.
.
Soit . L’ensemble des nombres complexes tels que (resp. / ) est le cercle (resp. le disque ouvert / fermé) de centre et de rayon .
Un point d’affixe est sur la médiatrice de si et seulement si .
Inégalité triangulaireSoient avec , on a l’égalité étant réalisée si et seulement si sont linéairement liés.
En reprenant les notations précédentes, et en désignant par les points associés aux complexes , l’égalité est équivalente à dire que les points sont alignés.
Si est un nombre complexe de module , il existe un unique réel tel que
On dit qu’un réel est un argument du nombre complexe non nul si
Soient et deux vecteurs non nuls du plan. On note et les complexes associés.
Si est un argument de , alors c’est également une mesure de l’angle orienté .
Un argument de est une mesure de l’angle orienté et on a : où désigne le produit scalaire canonique.
Le triangle dans le plan complexe
Un vrai triangle dans le plan est la donnée de trois points non alignés , et . Un tel triangle est noté .
Soit un vrai triangle. On note , et les complexes associés respectivement à , et .
L’aire de est
Le trois médianes de concourent au point dont le complexe associé est
Le point précédent est appelé centre de gravité de . C’est aussi l’isobarycentre des points , et .
Le trois hauteurs de concourent au point dont le complexe associé est où , , sont les complexes associés aux points , et considérés dans le repère avec centre du cercle circonscrit au triangle .
Le point précédent est appelé orthocentre de .
Dans un vrai triangle, orthocentre, centre du cercle circonscrit et centre de gravité sont alignés.
Droites et cercles dans le plan complexe
Toute équation de la forme représente dans :
tout entier si .
si :
et ;
ou et .
Une droite dirigée par le vecteur représentant le complexe si et .
Le cercle dont le centre est associé au complexe et de rayon si et .
Théorème d’AppoloniusSoient et deux nombres complexes distincts et . L’ensemble est identifié dans ;
À la médiatrice du segment pour .
Au cercle de centre le complexe associé à et de rayon pour .
Soient , , et des points deux à deux distincts associés respectivement aux complexes , , et . Ces points sont alignés si et seulement si
Théorème de PtoléméeSoient , , et des points deux à deux distincts. Le quadrilatère convexe est inscriptible dans un cercle si et seulement si
Utilisation de la théorie des groupes
Actions de groupe
Cadre général
Soit un ensemble fini. On considère une action de sur .
Soit . Alors :
.
.
Formule des classesSoit un système de représentants des orbites de l’action de sur . Alors,
On définit :
l’ensemble des points de laissés fixes par tous les éléments de .
l’ensemble des points de laissés fixes par .
Formule de BurnsideLe nombre d’orbites de sous l’action de est donné par
Deux colorations des faces d’un cube sont les mêmes si on peut passer de l’une à l’autre par une isométrie du dodécaèdre. Alors, le nombre de colorations distinctes d’un cube avec couleurs est
Espaces affines
On peut réécrire la définition d’un espace affine en termes d’actions de groupes.
Soit un espace vectoriel sur . Un espace affine est un ensemble non vide qui agit (à droite) sur de manière simplement transitive. On note l’action correspondante. Les éléments de sont appelés points et les éléments de sont appelés vecteurs.
Ainsi, pour tout couple , il existe un unique tel que . On note alors .
Le reste de la théorie découle de cette remarque.
Groupe diédral
Pour un entier , le groupe diédral est le sous-groupe, de engendré par la symétrie axiale et la rotation d’angle définies respectivement par les matrices
.
est un groupe d’ordre .
et .
Un groupe non cyclique d’ordre est isomorphe à .
est isomorphe à .
Un groupe fini d’ordre avec premier est soit cyclique, soit isomorphe à .
est isomorphe à .
Les sous-groupes de sont soit cyclique, soit isomorphes à un où .
On désigne par l’ensemble des sommets d’un polygone à côtés et par l’ensemble des isométries qui conservent . Alors,
Les isométries conservant un triangle équilatéral sont les éléments de .
Utilisation de la théorie des corps
On note un plan affine euclidien muni d’un repère orthonormé direct . On s’autorise à identifier chaque point avec ses coordonnées dans .
On dit qu’un point est constructible (sous-entendu à la règle et au compas) si on peut le construire en utilisant uniquement la règle et le compas, en supposant et déjà construits.
Soient , deux points constructibles distincts.
Si est constructible, son symétrique par rapport à l’est aussi.
est constructible.
Si est un point constructible, on peut construire à la règle et au compas la perpendiculaire à passant par .
Si est un point constructible, on peut construire à la règle et au compas la parallèle à passant par .
Soit .
Un nombre vérifiant la proposition précédente est dit nombre constructible.
Tout élément de est constructible.
est constructible si et seulement si et le sont.
L’ensemble des nombres constructibles est un sous-corps de stable par racine carrée.
theoreme-de-wantzel
Théorème de WantzelSoit . est constructible si et seulement s’il existe une suite finie de sous-corps de vérifiant :
.
, est une extension quadratique de .
.
Si est constructible, le degré de l’extension sur est de la forme pour .
Tout nombre constructible est algébrique.
est algébrique, non constructible.
est transcendant et n’est donc pas constructible.
Quadrature du cercleIl est impossible de construire, à la règle et au compas, un carré ayant même aire qu’un disque donné.
Duplication du cubeIl est impossible de construire, à la règle et au compas, l’arête d’un cube ayant un volume double de celui d’un cube donné.
Utilisation de l’algèbre linéaire
Déterminant et volume
L’aire du parallélogramme engendré par deux vecteurs est égale à En particulier, si , .
Soient . On note le volume du parallélépipède engendré par (ie. l’ensemble ). On a alors :
Étude d’une suite de polygones
Déterminant circulantSoient et . On pose . Alors où .
suite-de-polygones
Suite de polygonesSoit un polygone dont les sommets sont . On définit la suite de polygones par récurrence en disant que, pour tout , les sommets de sont les milieux des arêtes de .
Alors la suite converge vers l’isobarycentre de .
Groupe spécial orthogonal en dimension et
On définit et
est un sous-groupe distingué de d’indice (de même que dans ).
Soit . Alors :
Si : (rotation d’angle ).
Si : (symétrie orthogonale par rapport à la droite d’angle polaire ).
Soit et l’endomorphisme de dont la matrice dans la base canonique est . Alors, il existe une base orthonormée de telle que la matrice de dans est avec . On note le sous-espace vectoriel associé à la valeur propre .
Si : est la rotation d’angle autour de l’axe .
Si : est la composée de la rotation d’angle autour de l’axe avec la symétrie orthogonale par rapport à .
Soit un sous-groupe fini de . Alors, est isomorphe à , , , ou (où ).
Solides de PlatonIl y a cinq polyèdres réguliers : le tétraèdre, le cube, l’octaèdre, le dodécaèdre et l’icosaèdre.
Annexes