201 Espaces de fonctions. Exemples et applications.
Espaces de fonctions. Exemples et applications.
analysis
Espaces de fonctions continues sur un compact
Continuité et compacité
Soient et deux espaces métriques. On suppose compact. Si est continue, alors est compact.
Cela ne marche pas si n’est pas continue. Par exemple, la fonction définie par et si vérifie , qui n’est pas compact.
Sous les mêmes hypothèses et en supposant bijective, est continue (ie. est un homéomorphisme).
Des bornesUne application continue sur un compact est bornée et atteint ses bornes.
Théorème de HeineUne application continue sur un compact y est uniformément continue.
Toute fonction périodique continue sur y est uniformément continue.
Convergences simple et uniforme
Soient et respectivement une suite de fonctions et une fonction définies sur un ensemble à valeurs dans un espace métrique . On dit que :
converge simplement vers si
converge uniformément vers si
La convergence uniforme entraîne la convergence simple.
La réciproque est fausse. Il suffit en effet de considérer la suite définie pour tout et pour tout par converge simplement sur mais pas uniformément.
Critère de Cauchy uniformeSoit une suite de fonctions définies sur un ensemble à valeurs dans un espace métrique . Alors converge uniformément si
Une limite uniforme sur de fonctions polynomiales est une fonction polynomiale.
Pour toute fonction bornée sur un ensemble et à valeurs dans un espace vectoriel normé , on note
On note l’ensemble des applications bornées de dans .
En reprenant les notations précédentes, une suite de fonctions de converge uniformément vers si .
Si est de Banach, alors est de Banach.
Théorèmes de Dini
Soit une suite croissante de fonctions réelles continues définies sur un segment de . Si converge simplement vers une fonction continue sur , alors la convergence est uniforme.
Soit une suite de fonctions croissantes réelles continues définies sur un segment de . Si converge simplement vers une fonction continue sur , alors la convergence est uniforme.
Densité
theoreme-de-weierstrass-par-la-convolution
Théorème de WeierstrassToute fonction continue (avec tels que ) est limite uniforme de fonctions polynomiales sur .
On a une version plus générale de ce théorème.
Théorème de Stone-WeierstrassSoit un espace compact et une sous-algèbre de l’algèbre de Banach réelle . On suppose de plus que :
sépare les points de (ie. ).
contient les constantes.
Alors est dense dans .
Il existe aussi une version
complexe
de ce théorème, où il faut supposer de plus que est stable par conjugaison.
La suite de polynômes réels définie par récurrence par converge vers sur .
Espaces
Soit un espace mesuré. Les résultats qui vont suivre sont, par extension, également valable pour les fonctions à valeurs dans .
Espaces
Pour , on note (où en l’absence d’ambiguïté) l’ensemble des applications mesurables de dans telles que on note alors .
On note de même l’ensemble des applications mesurables de dans de sup-essentiel borné. On note alors pour .
Si est la mesure de comptage sur , alors
est un sous-espace vectoriel de l’espace vectoriel des fonctions de dans .
Inégalité de HölderSoient tels que , et . Alors et
C’est encore vrai pour en convenant que .
On considère la fonction d’Euler. Alors, et en particulier, est log-convexe sur .
Inégalité de Minkowski
L’application définit donc une semi-norme sur pour . L’idée dans la sous-section suivante sera de construire un espace dans lequel l’axiome de séparation n’est pas pris en défaut.
Construction des espaces
On définit pour tout , où .
Dans un espace de mesure finie,
La fonction est dans mais dans aucun pour tout .
Pour tout , est un espace vectoriel normé.
Théorème de Riesz-FischerPour tout , est complet pour la norme .
Convolution et régularisation dans
Soient et deux fonctions de dans . On dit que la convolée (ou le produit de convolution) de et en existe si la fonction est intégrable sur pour la mesure de Lebesgue. On pose alors :
Soient . Alors existe pour tout et
Dans , dès qu’il a un sens, le produit de convolution de deux fonctions est commutatif, bilinéaire et associatif.
Convolution dans Soient . Alors :
pp. en , est intégrable sur .
est intégrable sur .
.
L’espace vectoriel normé muni de est une algèbre de Banach commutative.
L’algèbre n’a pas d’élément unité.
On appelle approximation de l’identité toute suite de fonctions mesurables de telles que
.
.
.
, on note : Alors, est une approximation positive de l’identité.
est dense dans pour .
est dense dans pour avec .
Espace
Propriétés hilbertiennes
On considère la forme bilinéaire suivante sur : C’est un produit scalaire hermitien, ce qui confère à une structure d’espace de Hilbert.
On peut donc énoncer quelques propriétés dont hérite .
Pour tout sous-espace vectoriel fermé de ,
Un sous-espace vectoriel de est dense dans si et seulement si .
Soit une famille orthonormée dénombrable de . Les propriétés suivantes sont équivalentes :
La famille orthonormée est une base hilbertienne de .
.
.
Polynômes orthogonaux
Soit un intervalle de . On pose , .
On appelle fonction poids une fonction mesurable, strictement positive presque partout et telle que .
Soit une fonction poids.
On note l’espace des fonctions de carré intégrable pour la mesure de densité par rapport à la mesure de Lebesgue.
Muni de est un espace de Hilbert.
Il existe une unique famille de polynômes unitaires orthogonaux deux-à-deux telle que pour tout entier . C’est la famille de polynômes orthogonaux associée à sur .
Polynômes de HermiteSi et si , alors
On suppose que , et on considère la famille des polynômes orthogonaux associée à sur . Alors , . En particulier, l’algorithme de Gram-Schmidt a bien du sens et est bien définie.
On considère la famille des polynômes orthogonaux associée à sur et on suppose qu’il existe tel que alors est une base hilbertienne de pour la norme .
On considère, sur , la fonction poids . Alors, la famille des n’est pas totale. La famille des polynômes orthogonaux associée à ce poids particulier n’est donc pas totale non plus : ce n’est pas une base hilbertienne.
Dualité
On appelle forme linéaire d’un espace vectoriel sur un corps toute application linéaire de dans et on note appelé dual de l’ensemble des formes linéaires de .
On note le dual topologique de , qui est le sous-espace de constitué des formes linéaires continues.
de représentation de Riesz. L’application est une isométrie linéaire bijective de sur son dual topologique .
Dans le cas ,
dual-de-lp
Dual de On se place dans un espace mesuré de mesure finie. On note . L’application est une isométrie linéaire surjective. C’est donc un isomorphisme isométrique.
Plus généralement, si l’on identifie et :
est le dual topologique de pour .
est le dual topologique de si est -finie.