201 Espaces de fonctions. Exemples et applications.

Espaces de fonctions. Exemples et applications.

analysis

Espaces de fonctions continues sur un compact

Continuité et compacité

Proposition 1

Soient et deux espaces métriques. On suppose compact. Si est continue, alors est compact.

Contre-exemple 2

Cela ne marche pas si n’est pas continue. Par exemple, la fonction définie par et si vérifie , qui n’est pas compact.

Proposition 3

Sous les mêmes hypothèses et en supposant bijective, est continue (ie. est un homéomorphisme).

Théorème 4

Des bornesUne application continue sur un compact est bornée et atteint ses bornes.

Théorème 5

Théorème de HeineUne application continue sur un compact y est uniformément continue.

Corollaire 6

Toute fonction périodique continue sur y est uniformément continue.

Convergences simple et uniforme

Définition 7

Soient et respectivement une suite de fonctions et une fonction définies sur un ensemble à valeurs dans un espace métrique . On dit que :

  • converge simplement vers si

  • converge uniformément vers si

Proposition 8

La convergence uniforme entraîne la convergence simple.

Contre-exemple 9

La réciproque est fausse. Il suffit en effet de considérer la suite définie pour tout et pour tout par converge simplement sur mais pas uniformément.

Théorème 10

Critère de Cauchy uniformeSoit une suite de fonctions définies sur un ensemble à valeurs dans un espace métrique . Alors converge uniformément si

Corollaire 11

Une limite uniforme sur de fonctions polynomiales est une fonction polynomiale.

Notation 12
  • Pour toute fonction bornée sur un ensemble et à valeurs dans un espace vectoriel normé , on note

  • On note l’ensemble des applications bornées de dans .

Proposition 13

En reprenant les notations précédentes, une suite de fonctions de converge uniformément vers si .

Proposition 14

Si est de Banach, alors est de Banach.

Théorème 15

Théorèmes de Dini

  1. Soit une suite croissante de fonctions réelles continues définies sur un segment de . Si converge simplement vers une fonction continue sur , alors la convergence est uniforme.

  2. Soit une suite de fonctions croissantes réelles continues définies sur un segment de . Si converge simplement vers une fonction continue sur , alors la convergence est uniforme.

Densité

Théorème 16

Théorème de WeierstrassToute fonction continue (avec tels que ) est limite uniforme de fonctions polynomiales sur .

On a une version plus générale de ce théorème.

Théorème 17

Théorème de Stone-WeierstrassSoit un espace compact et une sous-algèbre de l’algèbre de Banach réelle . On suppose de plus que :

  1. sépare les points de (ie. ).

  2. contient les constantes.

Alors est dense dans .

Remarque 18

Il existe aussi une version complexe de ce théorème, où il faut supposer de plus que est stable par conjugaison.

Exemple 19

La suite de polynômes réels définie par récurrence par converge vers sur .

Espaces

Soit un espace mesuré. Les résultats qui vont suivre sont, par extension, également valable pour les fonctions à valeurs dans .

Espaces

Définition 20
  • Pour , on note (où en l’absence d’ambiguïté) l’ensemble des applications mesurables de dans telles que on note alors .

  • On note de même l’ensemble des applications mesurables de dans de sup-essentiel borné. On note alors pour .

Exemple 21

Si est la mesure de comptage sur , alors

Proposition 22

est un sous-espace vectoriel de l’espace vectoriel des fonctions de dans .

Théorème 23

Inégalité de HölderSoient tels que , et . Alors et

Remarque 24

C’est encore vrai pour en convenant que .

Application 25

On considère la fonction d’Euler. Alors, et en particulier, est log-convexe sur .

Théorème 26

Inégalité de Minkowski

L’application définit donc une semi-norme sur pour . L’idée dans la sous-section suivante sera de construire un espace dans lequel l’axiome de séparation n’est pas pris en défaut.

Construction des espaces

Définition 27

On définit pour tout , .

Proposition 28

Dans un espace de mesure finie,

Contre-exemple 29

La fonction est dans mais dans aucun pour tout .

Théorème 30

Pour tout , est un espace vectoriel normé.

Théorème 31

Théorème de Riesz-FischerPour tout , est complet pour la norme .

Convolution et régularisation dans

Définition 32

Soient et deux fonctions de dans . On dit que la convolée (ou le produit de convolution) de et en existe si la fonction est intégrable sur pour la mesure de Lebesgue. On pose alors :

Exemple 33

Soient . Alors existe pour tout et

Proposition 34

Dans , dès qu’il a un sens, le produit de convolution de deux fonctions est commutatif, bilinéaire et associatif.

Théorème 35

Convolution dans Soient . Alors :

  1. pp. en , est intégrable sur .

  2. est intégrable sur .

  3. .

  4. L’espace vectoriel normé muni de est une algèbre de Banach commutative.

Proposition 36

L’algèbre n’a pas d’élément unité.

Application 37

Définition 38

On appelle approximation de l’identité toute suite de fonctions mesurables de telles que

  1. .

  2. .

  3. .

Exemple 39

, on note : Alors, est une approximation positive de l’identité.

Application 40
  1. est dense dans pour .

  2. est dense dans pour avec .

Espace

Propriétés hilbertiennes

Définition 41

On considère la forme bilinéaire suivante sur : C’est un produit scalaire hermitien, ce qui confère à une structure d’espace de Hilbert.

On peut donc énoncer quelques propriétés dont hérite .

Théorème 42

Pour tout sous-espace vectoriel fermé de ,

Corollaire 43

Un sous-espace vectoriel de est dense dans si et seulement si .

Théorème 44

Soit une famille orthonormée dénombrable de . Les propriétés suivantes sont équivalentes :

  1. La famille orthonormée est une base hilbertienne de .

  2. .

  3. .

Polynômes orthogonaux

Soit un intervalle de . On pose , .

Définition 45

On appelle fonction poids une fonction mesurable, strictement positive presque partout et telle que .

Soit une fonction poids.

Notation 46

On note l’espace des fonctions de carré intégrable pour la mesure de densité par rapport à la mesure de Lebesgue.

Proposition 47

Muni de est un espace de Hilbert.

Théorème 48

Il existe une unique famille de polynômes unitaires orthogonaux deux-à-deux telle que pour tout entier . C’est la famille de polynômes orthogonaux associée à sur .

Exemple 49

Polynômes de HermiteSi et si , alors

Lemme 50

On suppose que , et on considère la famille des polynômes orthogonaux associée à sur . Alors , . En particulier, l’algorithme de Gram-Schmidt a bien du sens et est bien définie.

Application 51

On considère la famille des polynômes orthogonaux associée à sur et on suppose qu’il existe tel que alors est une base hilbertienne de pour la norme .

Contre-exemple 52

On considère, sur , la fonction poids . Alors, la famille des n’est pas totale. La famille des polynômes orthogonaux associée à ce poids particulier n’est donc pas totale non plus : ce n’est pas une base hilbertienne.

Dualité

Définition 53

On appelle forme linéaire d’un espace vectoriel sur un corps toute application linéaire de dans et on note appelé dual de l’ensemble des formes linéaires de .

On note le dual topologique de , qui est le sous-espace de constitué des formes linéaires continues.

Théorème 54

de représentation de Riesz. L’application est une isométrie linéaire bijective de sur son dual topologique .

Exemple 55

Dans le cas ,

Théorème 56

Dual de On se place dans un espace mesuré de mesure finie. On note . L’application est une isométrie linéaire surjective. C’est donc un isomorphisme isométrique.

Remarque 57

Plus généralement, si l’on identifie et :

  • est le dual topologique de pour .

  • est le dual topologique de si est -finie.