205 Espaces complets. Exemples et applications.

Espaces complets. Exemples et applications.

analysis

Complétude

Complétude dans un espace métrique

Soit un espace métrique.

Définition 1

On dit qu’une suite d’éléments de est de Cauchy si

Proposition 2
  1. Une suite convergente est de Cauchy.

  2. Une suite de Cauchy est bornée.

  3. Une suite de Cauchy qui possède une valeur d’adhérence converge vers .

Contre-exemple 3

La série est une suite de Cauchy de non convergente dans .

Remarque 4

La notion de suite de Cauchy n’est pas topologique : elle ne peut pas être définie à partir des ouverts de . Cependant, si une suite est de Cauchy pour une certaine distance, alors elle l’est pour toute autre distance uniformément équivalente.

Définition 5

est complet si toute suite de Cauchy de converge dans .

Exemple 6

, est complet mais ne l’est pas.

Proposition 7
  1. Toute partie complète d’un espace métrique est fermée.

  2. Toute partie fermée d’un espace complet est complète.

Proposition 8

Soient des espaces métriques. Alors est complet si et seulement si , est complet.

Proposition 9

Fermés emboîtés est complet si et seulement si l’intersection de toute suite décroissante de fermés non vides de dont le diamètre converge vers est un singleton.

Proposition 10

Critère de Cauchy pour les fonctionsSoit un espace métrique complet. Soient et . Alors admet une limite quand tend vers si et seulement si

Théorème 11

Complété d’un espace métriqueIl existe un espace métrique complet et une isométrie telle que est dense dans . De plus, est unique à isométrie bijective près.

Exemple 12

est le complété de .

Complétude dans un espace vectoriel normé

Définition 13

Un espace vectoriel normé complet est un espace de Banach.

Proposition 14

Un espace vectoriel normé est complet si et seulement si toute série absolument convergence de est convergente dans .

Proposition 15

Un espace vectoriel de dimension finie est complet.

Application 16

L’exponentielle d’une matrice est un polynôme en la matrice.

Exemples et contre-exemples classiques

Contre-exemple 17

L’espace des fonctions polynomiales définies sur et muni de la norme n’est pas complet.

Exemple 18

Soient un ensemble et un espace de Banach. Alors, est un espace de Banach.

Exemple 19

Si est un espace vectoriel normé et est un espace de Banach, est un espace de Banach.

Définition 20
  • Pour , on note (où en l’absence d’ambiguïté) l’espace des applications mesurables de dans telles que on note alors .

  • On note de même l’espace des applications mesurables de dans de sup-essentiel borné. On note alors pour .

Remarque 21

En reprenant les notations précédentes, on a , .

Théorème 22

Inégalité de Minkowski

Théorème 23

On définit pour tout , . Muni de , est un espace vectoriel normé.

Théorème 24

Théorème de Riesz-FischerPour tout , est complet pour la norme .

Espaces de Hilbert

Généralités

Définition 25

Un espace vectoriel sur le corps est un espace de Hilbert s’il est muni d’un produit scalaire et est complet pour la norme associée .

Exemple 26

Tout espace euclidien ou hermitien est un espace de Hilbert.

Exemple 27

muni de est un espace de Hilbert.

Pour toute la suite, on fixe un espace de Hilbert de norme et on note le produit scalaire associé.

Lemme 28

Identité du parallélogramme et cette identité caractérise les normes issues d’un produit scalaire.

Théorème 29

Projection sur un convexe ferméSoit un convexe fermé non-vide. Alors : On peut donc noter , le projeté orthogonal de sur . Il s’agit de l’unique point de vérifiant

Théorème 30

Si est un sous-espace vectoriel fermé dans , alors est une application linéaire continue. De plus, pour tout , est l’unique point tel que .

Théorème 31

Si est un sous-espace vectoriel fermé dans , alors et est la projection sur parallèlement à : c’est la projection orthogonale sur .

Corollaire 32

Soit un sous-espace vectoriel de . Alors,

Théorème 33

de représentation de Riesz et de plus, .

Corollaire 34

On note alors : c’est l’adjoint de . On a alors .

Exemple 35

Opérateur de VolteraOn définit sur par : est une application linéaire continue et son adjoint est défini par :

Application 36

Dual de . Soit un espace mesuré de mesure finie. On note , est une isométrie linéaire surjective. C’est donc un isomorphisme isométrique.

Bases hilbertiennes

Définition 37

On dit que est une base hilbertienne de si

  • est orthonormale.

  • est totale.

Exemple 38

est une base hilbertienne de .

Théorème 39

Soit une base hilbertienne de . Alors : On a de plus, pour tout , les formules de Parseval :

  • .

  • .

Application 40

Applications

Point fixe

Théorème 41

Point fixe de BanachSoient un espace métrique complet et une application contractante (ie. ). Alors, De plus la suite des itérés définie par et converge vers .

Application 42

Théorème de Cauchy-Lipschitz local. Soit un espace de Banach sur ou . Soient un intervalle de et un ouvert de . Soit une fonction continue et localement lipschitzienne en la seconde variable. Alors, pour tout , le problème de Cauchy admet une unique solution maximale.

Prolongement

Théorème 43

Prolongement des applications uniformément continuesSoient et des espaces métriques. On suppose complet. Soient dense et une application uniformément continue. Alors, il existe une unique application uniformément continue et telle que .

Corollaire 44

Soient et des espaces métriques. On suppose complet. Soient dense et une application -lipschitzienne. Alors, il existe une unique application -lipschitzienne et telle que .

Exemple 45

Une application dérivable sur un intervalle et de dérivée bornée est prolongeable par une application lipschitzienne sur .

Application 46

Théorème de Hahn-Banach analytique. Soient un espace de Hilbert et un sous-espace vectoriel de . Soit . Alors, il existe telle que et .

Application 47

Transformation de Fourier-PlancherelLa transformation de Fourier définie sur se prolonge de manière unique en un isomorphisme d’espaces de Hilbert de sur lui-même.

Théorème de Baire

Théorème 48

Théorème de BaireOn suppose complet. Alors toute intersection dénombrable d’ouverts denses est encore dense dans .

Application 49

Un espace vectoriel normé à base algébrique dénombrable infinie n’est pas complet.

Application 50

Théorème de Banach-Steinhaus. Soient et deux espaces de Banach et des applications linéaires continues telles que alors,

Application 51

Théorème du graphe ferméSoient et deux espaces de Banach et . Si le graphe de : est fermé dans , alors est continue.

Application 52

Théorème de l’application ouverte. Soient et deux espaces de Banach et surjective. Alors,

Corollaire 53

Théorème des isomorphismes de BanachSoient et deux espaces de Banach et bijective. Alors est continue.

Corollaire 54

On suppose que est de Banach. Soient et deux supplémentaires algébriques fermés dans . Alors les projections associées sur et sont continues.