215 Applications différentiables définies sur un ouvert de . Exemples et applications.
Applications différentiables définies sur un ouvert de . Exemples et applications.
analysis
Sauf mention contraire, nous travaillerons sur l’espace vectoriel normé pour . Soient un espace vectoriel normé sur et un ouvert.
Généralisation de la notion de dérivée
Différentielle
Soit un espace vectoriel normé sur . Soient ouvert et une application de dans . est dite différentiable en un point de s’il existe telle que Si existe, alors elle est unique et on la note : c’est la différentielle de en .
En dimension quelconque dépend a priori des normes choisies sur et . Cependant, en dimension finie, l’équivalence des normes implique que l’existence et la valeur de ne dépendent pas des normes choisies.
La définition demande à d’être continue. En dimension finie, le problème ne se pose donc pas.
Une fonction réelle est différentiable en si et seulement si elle est dérivable en . Dans ce cas, on a .
Si est linéaire et continue, alors pour tout .
Une fonction différentiable en un point et continue en ce point.
Soit un ouvert. Soit différentiable en un point de .
, est différentiable en , et .
Si est différentiable en , alors l’est aussi, et .
Soit . On suppose et différentiable en . Alors est différentiable en et, .
Dérivée selon un vecteur
Soit .
Soit . Si la fonction de la variable réelle est dérivable en , on dit que est dérivable en selon le vecteur . On note alors
Soit la base canonique de et soit . On dit que admet une -ième dérivée partielle en si est dérivable en selon le vecteur . On note alors
Soient et . La dérivée partielle est aussi la dérivée de l’application partielle en .
Une fonction différentiable en un point est dérivable selon tout vecteur en ce point.
La fonction est dérivable selon tout vecteur au point mais n’est pas continue en .
Si toutes les dérivées partielles de existent et si elles sont continues en un point de , alors est différentiable en et on a où est la base duale de la base canonique de .
La fonction est différentiable en , mais n’est pas continue en .
Soit différentiable en un point . On note par la -ième coordonnée de . Alors la matrice de l’application linéaire dans les bases canoniques de et est
Soit différentiable en un point . La matrice est la jacobienne de en . Son déterminant est le jacobien de en .
Soit , alors .
Inégalité des accroissements finis. Soit continue sur un segment et différentiable sur . On suppose qu’il existe tel que pour tout . Alors,
En reprenant les notations du théorème précédent :
Si est convexe, si est différentiable sur et si pour tout , alors l’inégalité précédente est vraie pour tout .
Si est un ouvert connexe et pour tout , alors est constante.
Différentielle itérée
Soit . Sous réserve d’existence, on peut définir par récurrence sur une dérivée partielle d’ordre par la relation est alors dite de classe si toutes ses dérivées partielles jusqu’à l’ordre existent et sont continues sur .
La fonction est .
Théorème de SchwarzOn se place dans la cas . Soit qui admet des dérivées partielles sur , continues en . Alors :
Soit de classe . Alors les dérivées partielles jusqu’à l’ordre ne dépendant pas de l’ordre de dérivation.
Soient de classe sur et . Par analogie avec on note
Formule de Taylor-LagrangeSoient de classe sur , , tels que . Alors, tel que
Pour de classe , pour , il existe tel que
Formule de Taylor avec reste intégral. Soient de classe sur , , tels que . Alors,
Formule de Taylor-YoungSoient de classe sur , , tels que . Alors,
Lemme d’HadamardSoit de classe . On suppose différentiable en avec et . Alors, où , est .
Théorèmes fondamentaux
Inversion locale
Soit . On dit que est un difféomorphisme de classe de sur si et sont bijectives et de classe respectivement sur et .
est un homéomorphisme de sur , de classe , mais n’est pas un difféomorphisme.
Inversion localeSoit de classe . On suppose qu’il existe tel que est inversible.
Alors, il existe voisinage de et voisinage de tels que soit un difféomorphisme de classe de sur .
Si , est inversible si et seulement si le jacobien de en , , est non nul.
Soit de classe . On suppose que pour tout , est inversible. Alors est une application ouverte.
L’application de dans définie par est un difféomorphisme local de classe en tout point de .
Soit un -difféomorphisme. On pose . Alors est un ouvert de . De plus, pour toute fonction mesurable , on a Dans ce cas,
En passant en coordonnées polaires,
Soient et un entier. Alors, si est suffisamment proche de l’identité , est une racine -ième (ie. telle que ).
Soit . Alors .
est différentiable en et .
Soit . Alors .
surjectivite-de-l-exponentielle
est surjective.
, où désigne les carrés de .
Fonctions implicites
Soient des espaces de Banach, un ouvert où et . Soit . Alors, pour tout , est définie sur un voisinage de dans . Si elle est différentiable en , on dit que admet une différentielle partielle d’indice en , et on note celle-ci .
En reprenant les notations précédentes :
Si pour tout , et , alors .
Si est différentiable en , alors pour tout , existe et
des fonctions implicitesSoient où et sont des ouvertes. Soit de classe . On suppose qu’il existe tel que et est un isomorphisme. Alors, il existe :
Un voisinage ouvert de dans .
Un voisinage ouvert de .
Un voisinage ouvert de dans .
Une fonction de classe .
Vérifiant : En particulier,
Avec les notations précédentes, si , on peut choisir n’importe quelle variable pour obtenir
La signification de ce théorème est que la surface définie implicitement par l’équation peut, au moins localement, être vue comme le graphe d’une fonction .
Avec les notations précédentes, la différentielle de la fonction implicite est donnée par :
Pour l’équation , on a . On exclue les points où . En prenant et pour points de départ, on a deux fonctions implicites qui correspondent aux demi-cercles supérieur et inférieur :
.
.
De plus, en dérivant par rapport à : et, .
Application aux fonctions à valeurs dans
Gradient, hessienne
Soit une application différentiable en un point de .
est une forme linéaire, et le théorème de représentation de Riesz donne l’existence d’un unique vecteur de tel que Le vecteur s’appelle gradient de , et est noté .
existe pour tout et, où est la base canonique de .
On suppose pour la suite de classe .
La matrice hessienne de en , notée , est définie par
Pour de classe , est symétrique.
On suppose ( est un point critique de ). Alors :
Si admet un minimum (resp. maximum) relatif en , est positive (resp. négative).
Si définit une forme quadratique définie positive (resp. définie négative), admet un minimum (resp. maximum) relatif en .
On suppose . On pose . Alors :
Si et (resp. ), admet une minimum (resp. maximum) relatif en .
Si , n’a pas d’extremum en .
Si , on ne peut rien conclure.
La fonction a trois points critiques qui sont des minimum locaux : , et .
a sa hessienne positive en , mais n’a pas d’extremum en .
Homéomorphismes
Soit inversible. Alors il existe un voisinage de dans et une application de classe telle que
lemme-de-morse
Lemme de MorseSoit une fonction de classe (où désigne un ouvert de contenant l’origine). On suppose :
.
La matrice symétrique est inversible.
La signature de est .
Alors il existe un difféomorphisme de classe entre deux voisinages de l’origine de et tel que et
On considère . La courbe d’équation est (au changement près du nom des coordonnées) une projection de l’intersection d’un cylindre et d’une sphère tangents. On a avec et .
Optimisation
Extrema liésSoit un ouvert de et soient des fonctions de classe . On note . Si admet un extremum relatif en et si les formes linéaires sont linéairement indépendantes, alors il existe un unique -uplet tel que
Les du théorème précédent sont appelés appelés multiplicateurs de Lagrange.
La relation finale du 57 équivaut à et elle exprime que est nulle sur l’espace tangent à en (ie. est orthogonal à l’espace tangent à en ).
On pose et on considère . On cherche à minimiser sous la contrainte .
Alors, le minimum (global) de sous cette contrainte est atteint en , la différentielle de en est nulle et la relation finale du 57 n’est pas vraie.
Théorème spectralTout endomorphisme symétrique d’un espace euclidien se diagonalise dans une base orthonormée.
où (ie. est l’ensemble des matrices de qui minimisent la norme euclidienne canonique de ).
Inégalité arithmético-géométrique.
Inégalité d’Hadamard avec égalité si et seulement si l’un des est nul ou si est une famille orthogonale de .