223 Suites numériques. Convergence, valeurs d’adhérence. Exemples et applications.
Suites numériques. Convergence, valeurs d’adhérence. Exemples et applications.
analysis
Dans toute la suite, désignera le corps ou .
Convergence des suites numériques
Limite d’une suite
Soit un ensemble non vide. On appelle suite à valeurs dans toute application où est une partie de . Lorsque est une partie de (resp. de ), on dit que est réelle (resp. complexe). Dans ces deux cas, on parle de suite numérique.
On fixe, pour tout le reste de la leçon, une suite numérique à coefficients dans .
Si , on dit que est majorée (resp. minorée) s’il existe tel que , (resp. ).
On dit que est bornée s’il existe tel que , (resp. ). Dans le cas où , cela revient à dire que est majorée et minorée.
On dit que admet pour limite (ou converge / tend vers ) si, On le note ou .
On dit que est convergente si elle admet une limite. Sinon, on dit qu’elle est divergente.
Si est définie par alors converge vers .
On a unicité de la limite dans .
Toute suite numérique convergente est bornée.
est bornée, non convergente.
Soit une suite numérique bornée. On suppose . Alors .
On suppose . Soit une suite numérique qui converge vers . Alors :
.
pour tout .
.
Si , on a à partir d’un certain rang et, .
On suppose .
On dit que tend vers si,
On dit que tend vers si tend vers .
On a les mêmes notations qu’à la 2.
On suppose .
est minorée.
est strictement positive à partir d’un certain rang et .
Soit une suite numérique.
Si est convergente ou , on a .
Si , on a .
Soit . Alors,
Convergence de suites réelles
Le résultat suivant justifie de se ramener au cas réel lors de l’étude de la convergence des suites numériques.
Soient deux suites réelles et deux réels. Alors,
On se place pour le restant de la sous-section dans le cas où .
des gendarmesSoient et deux suites réelles de même limite telles qu’à partir d’un certain rang, on ait . Alors, .
est dite croissante (resp. décroissante) si pour tout entier , on a (resp. ). Elle est dite monotone si elle est croissante ou décroissante.
de la limite monotoneSi est croissante et majorée ou décroissante et minorée, alors elle est convergente.
Suites adjacentesSi deux suites et sont adjacentes (ie. est croissante, est décroissante et la suite différence tend vers ), alors elles sont convergentes de même limite qui vérifie
Les suites et sont adjacentes et convergent vers .
Segments emboîtésSoient et deux suites réelles telles que Alors, il existe un nombre réel unique tel que .
Critère de LeibnizSoit une suite à termes positifs, décroissantes, tendant vers . Alors (voir Section Séries numériques.)
Pour cette définition, on ne suppose pas au cas réel.
On dit que est négligeable devant une suite réelle positive et on note si,
On dit que est équivalente à une suite numérique et on note , si est négligeable devant .
En reprenant les notations précédentes,
On suppose non nulle à partir d’un certain rang. est négligeable devant si et seulement si .
On suppose non nulle à partir d’un certain rang. est équivalente à si et seulement si .
est une relation d’équivalence sur l’ensemble des suites de non nulles à partir d’un certain rang.
Formule de Stirling
Deux suites convergentes équivalentes ont la même limite.
Suites de Cauchy
On dit que est de Cauchy si
Une suite convergente est de Cauchy.
Une suite de Cauchy est bornée.
Toute suite de Cauchy de est convergente dans .
La série est une suite de Cauchy de non convergente dans .
Convergence au sens de Cesàro
À toute suite numérique définie à partir du rang on y associe sa suite des moyennes de Cesàro où
Si converge vers , alors sa suite des moyennes de Cesàro converge vers . On dit que converge au sens de Cesàro.
Soit une suite numérique dont aucun terme n’est nul, qui converge vers . Alors,
Soit une suite numérique telle que converge vers . Alors,
La réciproque du 29 est fausse.
converge au sens de Cesàro vers , mais pas au sens usuel.
Valeurs d’adhérence
Suites extraites
On appelle sous-suite ou suite extraite de , toute suite où est strictement croissante (on dit que est une extractrice).
Si une suite converge vers , alors toute suite extraite converge vers .
On appelle valeur d’adhérence d’une suite numérique, tout élément de limite d’une de ses sous-suites convergentes.
Toute suite numérique convergente ne possède que sa limite comme valeur d’adhérence.
Une suite possédant une unique valeur d’adhérence n’est pas nécessairement convergente.
ne possède que comme valeur d’adhérence, mais ne converge pas.
Théorème de Bolzano-WeierstrassToute suite numérique bornée possède au moins une sous-suite convergente.
Une suite numérique est convergente si et seulement si elle est bornée et n’a qu’une seule valeur d’adhérence.
Soit un espace métrique compact. Soit une suite de telle que . Alors l’ensemble des valeurs d’adhérence de est connexe.
Lemme de la grenouilleSoient continue et une suite de telle que Alors converge si et seulement si .
Limites inférieure et supérieure
On se place dans le cas réel pour toute cette sous-section.
Si n’est pas bornée, on peut extraire une sous-suite qui tend vers : est une valeur d’adhérence de dans .
On appelle limite inférieure (resp. limite supérieure) de , notée (resp. ) la plus petite (resp. plus grande) de ses valeurs d’adhérence.
converge si et seulement si .
Suites particulières
Suites récurrentes
Soit . On dit que est récurrente d’ordre si on peut écrire où , les premières valeurs étant données.
Caractérisation séquentielle de la continuitéEn reprenant les notations précédentes, une fonction est continue si et seulement si pour toute suite numérique convergente dont on note la limite, .
Si une suite récurrente d’ordre (dont on note la fonction) converge vers , alors .
La suite définie par et converge vers .
methode-de-newton
Méthode de NewtonSoit une fonction de classe strictement croissante sur . On considère la fonction (qui est bien définie car ). Alors :
tel que .
tel que est stable par .
La suite des itérés (définie par récurrence par pour tout ) converge quadratiquement vers pour tout .
En reprenant les hypothèses et notations du théorème précédent, et en supposant de plus strictement convexe sur , le résultat du théorème est vrai sur . De plus :
est strictement décroissante (ou constante).
pour .
On fixe . En itérant la fonction pour un nombre de départ compris entre et où et , on peut obtenir une approximation du nombre .
En itérant la fonction pour un nombre de départ supérieur à , on peut obtenir une approximation du nombre d’or .
Séries numériques
On appelle série de terme général la suite définie par On note cette série .
s’appelle le terme d’indice .
s’appelle la somme partielle d’indice .
En reprenant les notations précédentes, on dit que converge si la suite converge. Dans ce cas, la limite s’appelle la somme de la série, et on la note .
Si converge, alors .
La réciproque est fausse, par exemple en considérant la suite définie pour tout par , on a .
Muni des opérations :
,
,
l’ensemble des séries numériques est un espace vectoriel sur dont l’ensemble des séries convergentes est un sous-espace vectoriel.
Règle de d’AlembertSoit une série à termes strictement positifs telle que Alors :
Si , converge.
Si , diverge.
converge.
donne une valeur approchée de à moins de près par défaut.
Règle de CauchySoit une série à termes strictement positifs telle que Alors :
Si , converge.
Si , diverge.
converge.
Soit . Lorsque tend vers , on a
developpement-asymptotique-de-la-serie-harmonique
Développement asymptotique de la série harmoniqueOn note . Alors, quand tend vers ,