226 Suites vectorielles et réelles définies par une relation de récurrence . Exemples. Applications à la résolution approchée d’équations.
Suites vectorielles et réelles définies par une relation de récurrence . Exemples. Applications à la résolution approchée d’équations.
analysis
Suites récurrentes
Définition et premières propriétés
Soit un ensemble. On dit qu’une suite d’éléments de est récurrente d’ordre si on peut écrire où , les premières valeurs étant données.
On considère la suite numérique définie par et on a,
On considère les suite numérique et définies par Alors, pour avec , on a donc
Formule de Viète
On définit une suite de polynômes définie par récurrence en posant : Alors, est bornée si .
Soit un espace métrique compact. Soit une suite de telle que . Alors l’ensemble des valeurs d’adhérence de est connexe.
Lemme de la grenouilleSoient continue et une suite de telle que Alors converge si et seulement si .
Récurrences classiques
Soit ou . On fixe une suite récurrente d’ordre définie par où .
Si est une translation (ie. est de la forme où ), alors est une suite arithmétique de raison .
Si est linéaire (ie. est de la forme où ), alors est une suite géométrique de raison .
Si est affine (ie. est de la forme où ), alors est une suite arithmético-géométrique.
Si est homographique (ie. est de la forme où , , , et ), alors vérifie une récurrence homographique.
Si est arithmétique de raison , alors , .
Si est géométrique de raison , alors , .
Si est arithmético-géométrique et si , en posant , on a , .
Supposons que vérifie une récurrence homographique. On considère l’équation Alors :
Si admet deux racines distinctes et , on a , où .
Si admet une racine double , on a , où .
Ces formules permettent de décider s’il existe un rang tel que le dénominateur de s’annule, auquel cas les termes ultérieurs de la suite ne sont pas définis.
Pour la relation , l’équation admet pour solutions, donc .
Suites récurrentes vectorielles
Déterminant circulantSoient et . On pose . Alors où .
suite-de-polygones
Suite de polygonesSoit un polygone dont les sommets sont . On définit la suite de polygones par récurrence en disant que, pour tout , les sommets de sont les milieux des arêtes de .
Alors la suite converge vers l’isobarycentre de .
Outils pour étudier les suites récurrentes
Stabilité de l’intervalle et continuité
Soient un intervalle de . On fixe une suite récurrente d’ordre définie par où .
Caractérisation séquentielle de la continuitéEn reprenant les notations précédentes, une fonction est continue si et seulement si pour toute suite réelle convergente dont on note la limite, .
Si une suite récurrente d’ordre (dont on note la fonction) converge vers , alors .
La suite définie par et converge vers .
Si est croissante, alors est monotone et son sens de monotonie est donnée par le signe de .
Si est décroissante, alors et sont monotones et leur sens de monotonie est opposé.
La suite réelle définie par récurrence par : est une suite qui converge vers .
Équation caractéristique
Une suite à valeurs dans vérifie une récurrence linéaire homogène d’ordre si où .
Si on note les racines du polynôme caractéristique de (de multiplicités respectives ), alors l’ensemble des suites vérifiant est l’ensemble des suites telles que : où , est un polynôme de degré strictement inférieur à .
Soit la suite définie par . Son polynôme caractéristique est .
Si a deux racines distinctes et , alors où et sont tels que et .
Si a une racine double , alors où et sont tels que et .
Soit la suite de Fibonacci définie par , et , . Alors,
La suite définie par et converge si et seulement si .
Développement asymptotique
À toute suite numérique définie à partir du rang on y associe sa suite des moyennes de Cesàro où
Si converge vers , alors sa suite des moyennes de Cesàro converge vers . On dit que converge au sens de Cesàro.
Soit une application continue définie au voisinage de admettant un développement asymptotique en de la forme , où et . Alors pour assez petit, la suite définie par pour vérifie
Si et est définie par et , on a l’équivalent en :
En reprenant les notations précédentes, on a, pour ,
On définit par et , on a l’équivalent en :
Applications à la résolution approchée d’équations
Point fixe et itération
Point fixe de BanachSoient un espace métrique complet et une application contractante (ie. ). Alors, De plus la suite des itérés définie par et converge vers .
Point fixe dans un compactSoit un espace métrique compact et telle que alors admet un unique point fixe et pour tout , la suite des itérés converge vers ce point fixe.
Soient et dérivable, strictement croissante et telle que , et sur . On pose . On considère l’équation : Alors :
admet une unique solution et pour tout point initial , la suite des itérés définie par converge vers .
La vitesse de convergence est estimée par la suite géométrique : il faut que les bornes et soient proches.
Cela marche aussi dans le cas où , et (il suffit alors de changer en ).
Soient un intervalle fermé de et une application de classe . Soit un point fixe de .
Si , on dit que est attractif. Si de plus , est superattractif.
Si , on dit que est répulsif.
On reprend les notations précédentes et on considère la suite des itérés (avec et ). Alors :
Si est attractif, converge à une vitesse géométrique :
Si est superattractif et est telle que sur , alors la vitesse de convergence est hypergéométrique :
Si est répulsif, il existe tel que admette une application réciproque définie sur et le point est attractif pour .
Soit . On pose et on considère Alors possède trois solutions réelles telles que :
.
et est attractif.
.
Méthode de Newton
methode-de-newton
Méthode de NewtonSoit une fonction de classe strictement croissante sur . On considère la fonction (qui est bien définie car ). Alors :
tel que .
tel que est stable par .
La suite des itérés (définie par récurrence par pour tout ) converge quadratiquement vers pour tout .
En reprenant les hypothèses et notations du théorème précédent, et en supposant de plus strictement convexe sur , le résultat du théorème est vrai sur . De plus :
est strictement décroissante (ou constante).
pour .
On fixe . En itérant la fonction pour un nombre de départ compris entre et où et , on peut obtenir une approximation du nombre .
En itérant la fonction pour un nombre de départ supérieur à , on peut obtenir une approximation du nombre d’or .
La méthode de Newton appliquée à la fonction dans le but d’approximer ses zéros donne :
Généralisation à
Méthode de Newton-RaphsonSoit (où est un ouvert) de classe telle que . On suppose que est inversible. Alors il existe un voisinage de dans tel que soit bien définie sur et la suite des itérés converge quadratiquement vers .
On considère le système On pose et ainsi que : Alors la suite des itérés converge vers l’unique solution de et on a :