241 Suites et séries de fonctions. Exemples et contre-exemples.
Suites et séries de fonctions. Exemples et contre-exemples.
analysis
Convergences de suite et de séries de fonctions
Suites de fonctions
Soient et respectivement une suite de fonctions et une fonction définies sur un ensemble à valeurs dans un espace métrique . On dit que :
converge simplement vers si
converge uniformément vers si
La convergence uniforme entraîne la convergence simple.
La réciproque est fausse. Il suffit en effet de considérer la suite définie pour tout et pour tout par converge simplement sur mais pas uniformément.
Critère de Cauchy uniformeSoit une suite de fonctions définies sur un ensemble à valeurs dans un espace métrique . Alors converge uniformément si
Une limite uniforme sur de fonctions polynomiales est une fonction polynomiale.
Pour toute fonction bornée sur un ensemble et à valeurs dans un espace vectoriel normé , on note
On note l’ensemble des applications bornées de dans .
En reprenant les notations précédentes, une suite de fonctions de converge uniformément vers si .
La suite de fonctions définie pour tout par converge uniformément vers sur .
Séries de fonctions
Soit une suite de fonctions. On appelle série de fonctions de terme général , notée la suite de fonctions où
Soient un ensemble et un espace vectoriel normé. On dit qu’une série de fonctions à termes dans converge normalement si la série numérique converge.
En reprenant les notations précédentes, il est équivalent de dire qu’une série de fonctions converge normalement s’il existe une série à termes positifs convergente et telle que
La série de fonctions où est définie par converge normalement sur car .
Une série de fonctions à valeurs dans un espace de Banach qui converge normalement sur un ensemble converge uniformément sur .
La réciproque est fausse. Par exemple, la série de fonctions où est définie par converge uniformément sur mais pas normalement.
Définition sur un compact
Théorèmes de Dini
Soit une suite croissante de fonctions réelles continues définies sur un segment de . Si converge simplement vers une fonction continue sur , alors la convergence est uniforme.
Soit une suite de fonctions croissantes réelles continues définies sur un segment de . Si converge simplement vers une fonction continue sur , alors la convergence est uniforme.
Théorème de BernsteinSoit continue. On note Alors,
theoreme-de-weierstrass-par-la-convolution
Théorème de WeierstrassToute fonction continue (avec tels que ) est limite uniforme de fonctions polynomiales sur .
On a une version plus générale de ce théorème.
Théorème de Stone-WeierstrassSoit un espace compact et une sous-algèbre de l’algèbre de Banach réelle . On suppose de plus que :
sépare les points de (ie. ).
contient les constantes.
Alors est dense dans .
Il existe aussi une version
complexe
de ce théorème, où il faut supposer de plus que est stable par conjugaison.
La suite de polynômes réels définie par récurrence par converge vers sur .
Régularité de la limite
Continuité
de la double limiteSoient une partie non vide d’un espace vectoriel normé de dimension finie, un espace de Banach, une suite de fonctions de dans et . On suppose :
converge uniformément sur .
admet une limite quand tend vers .
Alors,
Soient une partie non vide d’un espace vectoriel normé de dimension finie, un espace de Banach, une suite de fonctions de dans et . On suppose :
converge uniformément sur vers .
est continue en .
Alors est continue en .
La suite définie sur pour tout par converge vers Les fonctions sont continues, mais ne l’est pas : on n’a pas convergence uniforme sur .
Soient une partie non vide d’un espace vectoriel normé, un espace de Banach, une série de fonctions de dans et . On suppose :
converge uniformément sur .
admet une limite quand tend vers .
Alors, converge dans et,
Soient une partie non vide d’un espace vectoriel normé, un espace de Banach, une série de fonctions de dans et . On suppose :
converge uniformément sur .
est continue en .
Alors, est continue en .
La fonction est continue sur .
Dérivabilité
Soient un intervalle non vide de , un espace vectoriel normé et une suite de fonctions de dans . On suppose :
est dérivable sur .
converge simplement sur vers .
converge uniformément sur .
Alors est dérivable sur et , .
La suite définie sur pour tout par converge vers , qui n’est pas dérivable à l’origine bien que les le soient.
Soient un segment non vide de , un espace de Banach et une suite de fonctions de dans . On suppose :
est de classe sur .
Il existe tel que converge.
converge uniformément sur vers .
Alors converge uniformément sur vers de classe sur et .
Soient un intervalle non vide de , un espace de Banach et une série de fonctions de dans . On suppose :
est dérivable sur .
Il existe tel que converge.
converge uniformément sur .
Alors converge simplement sur uniformément sur tout compact de , et,
La fonction est sur et,
Mesurabilité, intégrabilité
Soient un segment non vide de , un espace de Banach et une suite de fonctions de dans . On suppose :
est continue sur .
converge uniformément sur vers .
Alors est continue et . Plus généralement, la fonction est limite uniforme sur de la suite de fonctions définie par
L’interversion se fait sous des hypothèses beaucoup moins contraignantes à l’aide du théorème de convergence dominée.
Convergence monotoneSoit une suite croissante de fonctions mesurables positives. Alors, la limite de cette suite est mesurable positive, et,
Lemme de FatouSoit une suite de fonctions mesurables positives. Alors,
Soit croissante sur , continue en et dérivable en et dérivable pp. dans . Alors,
Convergence dominéeSoit une suite d’éléments de telle que :
pp. en , converge dans vers .
positive telle que Alors,
On reprend l’36 et on suppose partout dérivable sur de dérivée bornée. Alors l’inégalité est une égalité.
Soit . On pose . Alors,
Séries particulières
Séries entières
On appelle série entière toute série de fonctions de la forme où est une variable complexe et où est une suite complexe.
Lemme d’AbelSoient une série entière et tels que soit bornée. Alors :
tel que , converge absolument.
converge normalement dans .
En reprenant les notations précédentes, le nombre est le rayon de convergence de .
a un rayon de convergence égal à .
a un rayon de convergence infini. On note la fonction somme.
Soit une série entière de rayon de convergence . On note la somme de cette série sur . Alors et, pour tout .
Plus précisément, pour tout , est fois dérivable avec
theoreme-d-abel-angulaire
Abel angulaireSoit une série entière de rayon de convergence supérieur ou égal à telle que converge. On note la somme de cette série sur le disque unité de . On fixe et on pose .
Alors .
La réciproque est fausse : alors que la série diverge.
Taubérien faibleSoit une série entière de rayon de convergence . On note la somme de cette série sur . On suppose que Si , alors converge et .
Ce dernier résultat est une réciproque partielle du 45. Il reste vrai en supposant (c’est le théorème Taubérien fort).
Séries de Fourier
Pour tout , on note l’espace des fonctions , -périodiques et mesurables, telles que .
Pour tout , on note la fonction -périodique définie pour tout par .
Soit . On appelle :
Coefficients de Fourier complexes, les complexes définis par
Série de Fourier associée à la série définie par
Théorème de DirichletSoient -périodique, continue par morceaux sur et tels que la fonction est bornée au voisinage de . Alors,
Soit paire, -périodique telle que : Alors est bien définie et continue sur . Cependant, sa série de Fourier diverge en .
Soient -périodique, par morceaux sur . Alors, En particulier, si est continue en , la série de Fourier de converge vers .
En reprenant la fonction de l’56,
Soit et telle que sa série de Fourier converge normalement. Alors, la somme est une fonction continue -périodique presque partout égale à . De plus, si est continue, l’égalité est vraie pour tout .
Soit -périodique continue et par morceaux sur . Alors converge normalement vers .
Développement eulérien de la cotangente
Formule sommatoire de PoissonSoit une fonction de classe telle que et quand . Alors :
Identité de Jacobi